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berazachussets

Titre : Barazachussetts

Auteur : Avalos Blacha L.

Editeur : Asphalte

Nous sommes en Argentine, dans la banlieue proche de Buenos Aires, côté rivière, proche de la mer. Jusque-là rien d’anormal.

Et puis on croise une femme zombie qui mange de la chair humaine.

Et puis on croise 4 amies qui ont les pieds sur terre (expression à prendre littéralement) mais dont les esprits sont totalement décalés vois dérangés.

Et puis le groupe implose.

Et puis on croise un ancien maire de la ville qui a des idées et des moyens de riche parvenu.

Et puis on croise les fils de (fils de maire, fils de chef de la police…) que la position des parents rend invulnérables et qui, pour trouver un sens à leur vie, organisent des viols/assassinats qu’ils diffusent sur Internet.

Et puis… je ne vais tout de même pas tout vous dévoiler.

Et puis au fil des pages se mettent en place des éléments normaux qui viennent structurer un peu le récit. Disons que comme dans un vitrail, ce livre se révèle être une mosaïque de pièces de verres de folie qui tiennent ensemble grâce à une structure métallique de faits raisonnables (on ne tombe pas non plus dans le rationnel).

Et puis finalement cette atmosphère de fin du monde qui part à vau-l’eau emporte tout sur son passage et l’espèce de folie narrative laisse le lecteur sur sa fin, les pièces du vitrail ne sont plus reliées entre elles et l’image se voile ou disparait. On sent bien qu’il y a là quelque chose qui relève de la lutte de classe, d’une décadence plus ou moins lente mais inéluctable de la société qui ne pourra finir que par une révolution, sanglante qui plus est. Après ? Après on recommence, nous dit l’auteur, on repart de zéro mais toujours dans la même direction comme si faire table rase du passé pouvait suffire et que l’histoire n’était qu’un éternel recommencement. On ne perd pas une miette de ce que l’auteur a voulu nous montrer mais il n’est pas évident de cerner ce que l’auteur a voulu nous transmettre comme message.

Et le lecteur de se demander à juste titre si le rôle de l’écrivain est de relater et de rendre simplement compte ou de prendre position voir d’aller plus loin et de donner les clefs d’une solution, quelle qu’elle soit.

Il n’en reste pas moins que ce livre conserve un aspect très étonnant et regorge de situations loufoques.

Extrait 1 (page 44) : chronique d’un déjeuner ordinaire d’une zombie

Milka et Beatriz se demandaient à quoi pouvait bien être en train de penser cette femme pendant qu’elle mâchait un rein avec tant d’application.

Extrait 2 (page 50) : comment une inauguration de bâtiment n’en est pas une

Saavedra était en train d’inaugurer des bâtiments dont la construction avait démarré longtemps auparavant, alors qu’il était maire de la ville.

[…]

Ce n’était pas les habituelles figures politiques qui apparaissaient autour de lui, mais une centaine de pingouins qui, l’air perdu, regardaient de tous côtés. Une équipe spécialement détachée par le zoo les surveillait. Des quelques dix chambres froides qu’on avait installées en ville, celle-là était la plus importante. Leurs cloisons étaient transparentes et elles étaient équipées de façon à ce que les pingouins puissent y vivre confortablement.

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