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l'homme à l'envers

Titre : L’homme à l’envers

Auteur : Fred Vargas

Editeur : J’ai Lu

Comme parfois chez Vargas, l’intrigue ne sert qu’à dépeindre les personnages sans sombrer dans des descriptions ennuyeuses, que l’on découvre plutôt grâce aux dialogues qui font passent très bien. Je pourrai m’attacher à Vargas.

On retrouve toujours le thème de la folie entre le commissaire Adamsberg (qui ne prend pas toute la place), Camille dont le personnage s’étoffe et qui lit des magazines de machines-outils, les bergers du Mercantour tous un peu frappadingues, un Canadien elliptique. Une belle brochette de doux-dingues et un meurtrier qu’on ne soupçonne pas avant le commissaire car lui seul sait ce qu’il se passe dans sa propre tête.

Même si l’intrigue n’est toujours pas le mobile de Vargas, on sent qu’elle s’y est quand même plus attelé que dans son premier roman.

Extrait 1

— Un ramassis de tarés, gronda-t-il.

— Ce n’est pas un ramassis, dit Camille. Ce sont des hommes qui ont peur, qui ont du chagrin, ou qui sont déjà bourrés. Entendu, Albert est taré.

Extrait 2 : où l’écrivain reconnaît explicitement son sujet de prédilection : la folie.

Et je ne discute pas de la peine de mort avec deux tarés comme vous. C’est non, ce sera toujours non, et mille ans après votre mort.

— Deux tarés, tu dis ? dit Soliman.

— C’est ce qu’elle dit, dit le Veilleux. Fais pas répéter.

— Répète, Camille ?

— Deux cons, deux tarés.

Extrait 3 : un berger qui appelle la brebis de tête du troupeau pour la réconforter parce qu’il s’est absenté et qui nomme sa brebis Georges Gershwin. C’est pas bien déglingué, ça ?

— Le Veilleux téléphone au troupeau. Paraît que la brebis de tête n’était pas en forme hier soir, une patte enflée. Psychosomatique. Le vieux est en train de lui remonter le moral. Une brebis de tête qui boite, c’est tout le troupeau qui va de travers.

— Elle a un nom ?

— Elle s’appelle George Gershwin, dit Soliman avec une grimace. C’est le Veilleux qui a voulu tirer dans le dictionnaire, mais il a ouvert aux pages des noms propres. Après, c’est trop tard pour rectifier, ce qui est dit est dit. On l’appelle George. En tout cas, elle a une patte enflée.

Extrait 4 : excellente analogie explicative de l’AFP et des journalistes par rapport à la thématique bergère… Il faut suivre et savoir ce qu’est une brebis de tête

— J’ai appelé l’AFP hier, dit Adamsberg, et je leur ai raconté exactement ce que j’ai voulu.

— C’est quoi l’AFP ? demanda le Veilleux.

— Une sorte d’énorme brebis de tête pour les journalistes, expliqua Soliman. Tous les journaux suivent ce que dit l’AFP.

— Bien, dit le Veilleux. J’aime bien comprendre.

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