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testament syriaque

Titre : Le testament syriaque

Auteur : Barouk Salamé

Éditeur : Rivages/Noir

Il y a plusieurs fils conducteurs dans ce livre qu’il convient de décrire brièvement :

  • Paul Mesure est journaliste. Il est rentré d’un voyage professionnel au Mali avec entre les mains un manuscrit qui pourrait être au choix le testament du prophète Mohammed ou un proto-Coran, le Coran originel du prophète. La possession de ce manuscrit va provoquer plusieurs morts autour de lui dont ses concierges et un inspecteur de la police judiciaire. A noter le pseudo que prendra Paul Mesure : Denis Lehane… (cf. chronique précédente)
  • Sonia Boudaoui est une voisine de Paul Mesure et va l’aider dans sa quête. Elle a quitté l’Algérie et un mari fondamentaliste et djihadiste qui va débarquer à Paris pour compliquer l’histoire
  • Le commissaire Sarfaty qui après de brillantes études littéraires sur le Moyen-Orient (langues, cultures, religions,…) a fini dans les effectifs de la police judiciaire
  • Deux équipes envoyées par le Pakistan pour récupérer le manuscrit

Au risque de froisser quelques susceptibilités, si elle ne fut pas de loin ma première réaction, la réflexion suivante, que je me suis quand même finalement faite et à deux reprises au cours de ma lecture, m’a été livrée par une personne n’ayant lu que la quatrième de couverture : « c’est un peu comme le Da Vinci code ». Le testament syriaque serait à la littérature sur la religion musulmane ce que le Da Vinci code fut à la littérature sur la religion catholique : une bombe à retardement pouvant provoquer la remise en cause et pourquoi pas la chute de la dite religion…

Il y a du vrai mais ce ne serait pas rendre à Barouk Salamé ce qui appartient à Barouk Salamé. Ma lecture du Da Vinci code est trop ancienne pour que je puisse faire une comparaison poussée mais il me semble que là où le livre de Dan Brown accumulait les élucubrations ésotériques improbables ET les situations impossibles, Salamé s’en tient aux situations improbables pour distiller beaucoup d’éléments intéressants d’analyse de la religion islamiste. Peut-être trop d’éléments d’ailleurs en tout cas dans leur présentation : le roman alterne des scènes sensées faire avancer l’intriguer mais parfois peu intéressantes avec des passages très (trop ?) denses sur la religion. La concentration et la surabondance de références et informations sur les religions a tendance à parfois nuire à la lecture, la rendre difficile et surtout l’assimilation de toutes ces données, pourtant intéressantes, un peu ardue.

De plus, les enchaînements entre certaines scènes sont parfois délicats et on a de temps en temps l’impression de sauter du coq à l’âne. On apprend ainsi au détour d’une page la mort du personnage principal masculin. Certes cette découverte permet au personnage principal féminin d’être sous le choc de cette découverte mais laisse le lecteur un tantinet étonné de cette disparition aussi soudaine qu’incompréhensible. Il y a d’autres cas comme par exemple la référence à « l’épisode de la douche » entre Sarfaty et Sonia mais dont le détail n’est donné que plusieurs pages plus tard.

Le ton du livre, enfin, oscille entre le tragique et le comique sans jamais choisir son camp à tel point qu’il vire parfois au tragi-comique.

Je résumerai en disant que le propos du livre est très intéressant mais que la forme m’a rendu la lecture longue à défaut d’être pénible. Les cents dernières pages sont toutefois de bien meilleure qualité que le reste et possèdent une cohérence et une constance qui manque au reste du livre.

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