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trône de fer - intégrale - t1

Titre : Le trône de fer – Intégrale – Tome 1

Auteur : George R. R. Martin

Éditeur : J’ai Lu

« Le trône de fer » est une saga épique de par son contenu et son ampleur. Ce premier tome de l’intégrale qui en comptera 6 en tout fait à lui seul plus de 700 pages. Il regroupe les deux premiers volumes sortis en poche chez J’ai Lu sous les titres « Le trône de fer » et « Le donjon rouge » (voir à la fin de l’article…).

Dans le monde imaginaire de Westeros, sept « baronnies » composent un royaume réuni sous la bannière d’un roi unique siégeant sur le trône de fer, forgé des années auparavant à l’aide des épées d’adversaires vaincus.

Il est, dans un premier temps, déjà long d’expliquer quels sont les personnages principaux et compliqué d’en détailler les liens les unissant plus ou moins confraternellement : il y en a beaucoup… Le principe de base du livre est le suivant : 7 royaumes et autant de familles réunis sous la bannière d’un roi unique issu de l’une de ces familles. Le roi actuel a pris le pouvoir 14 ans auparavant en renversant le roi en place, véritable fou sanguinaire à force de consanguinité.

Dans ce premier tome, toutes les familles ne sont pas présentes et/ou représentées, comme on dit dans les prétoires, mais celles qui y sont dépeintes sont toutes plus ou moins attirées et donc corrompues par le pouvoir.

  • La famille Starck : elle règne sur les territoires glacés du Nord qui vivent sous un climat hivernal perpétuel. Le père, Ned (ou Eddard), ami du roi Robert (voir ci-dessous), deviendra la nouvelle Main du Roi, son bras droit, celui qui tombe avant le roi… Eddard est la figure même de ce qu’il y a de plus noble chez les chevaliers et seigneurs du Royaume des 7 couronnes, il représente l’honneur par ailleurs bafoué dans un royaume soumis au règne du vice, des luttes de pouvoir, des complots. La disparition de Ned Stark signe la fin de ce qui restait de droiture et livre le royaume aux turpitudes des familles avides de pouvoir et de vengeance (y compris la sienne d’ailleurs), le laissera libre de sombrer dans le chaos.
  • La famille Lannister : la plus corrompue et la plus vipérine de toutes les familles. Dans le magma de perfidies que représentent la sœur (Cersei, épouse du roi Robert) et le frère (Jaime), seul Tyrion, né nain, semble avoir puisé dans son infirmité un peu de bon sens et de recul sans toutefois avoir abandonner toute notion d’intrigue et conserve un sens de la famille qui n’est pas sans le mettre en porte à faux.
  • La famille Baratheon : Robert est celui qui est devenu roi voilà 14 ans. Il a épousé une Lannister en accédant au trône suprême et a engendré 3 enfants dont l’aîné, pourtant son héritier direct, ne semble pas destiner à se montrer digne de son père qui à défaut d’être véritablement honnête et noble, ce qu’il fut jeune, a subit les ravages du temps et du pouvoir. Ces ravages lui seront fatals.
  • La famille Tully : de cette famille est issue la femme de Ned Stark, Catelyn, et la sœur de cette dernière, Lysa, épouse de la défunte Main du Roi, assassinée.
  • La famille Targaryen : la famille déchue de son titre il y a 14 ans et qui ne possède plus que deux représentants, Viserys, prince héritier en exil et Daenerys, sa sœur. Si Daenerys fait preuve d’une certaine intelligence ou clairvoyance (sur elle, sur son frère, sur son entourage), son frère, d’une violence, d’une arrogance, d’une fatuité sans borne, est bien le digne fils de son indigne père. Viserys ne vit, ne respire que pour récupérer le trône de son père mais on sent très vite qu’il en est totalement incapable et que seule Daenerys est à même de rentrer dans ses biens.

Il serait fastidieux et ennuyeux de rentrer dans la litanie des fils de… leurs rôles ne sont pas encore définis véritablement, leurs places respectives se dessinent petit à petit au fur et à mesure que s’effacent des figures paternelles pour laisser leur laisser le champ libre.

Un rôle à part est néanmoins destiné aux bâtards (ce qui englobent aussi les difformités) : toute famille (ou tout seigneur) qui se respecte semble devoir en semer par ci par là, parfois reconnus officiellement parfois abandonnés. Leur statut ne les prédestine pas à de grandes réalisations et pourtant il y a chez eux plus de noblesse et de sens du devoir que chez beaucoup d’héritiers des grandes familles. De sagesse et de droiture, c’est une autre histoire.

Toujours est-il que George R.R. Martin dirige cet ensemble hétéroclite de main de maître et tient d’une poigne de fer l’ensemble des fils de son histoire, les entremêlant habilement sans craindre de faire des nœuds. Les chapitres se succèdent à un rythme soutenu, ininterrompu, adoptant à chaque fois le point de vue d’un personnage et faisant invariablement avancer un pan de l’histoire. On se déplace ainsi d’un lieu à un autre sans difficulté et le lecteur n’est jamais perdu dans le fil narratif.

Ce premier tome fait la part belle aux seigneurs, aux combats, aux complots, aux tournois et  au sang, il respire la rage, la passion, l’avidité et l’aventure. On est dans le plus pure style médiéval, pas encore trop fantastique car si on parle de dragons et de magiciens, ceux-ci ne pointent le bout de leurs museaux et celui de leurs baguettes magiques qu’à la toute fin de ce premier volume de l’intégrale…

A réserver donc toutefois aux amateurs du genre car si pour de l’épopée fantastique, c’est du très bon, dans la narration, le rythme, les personnages, l’intrigue… on n’atteint pas non plus des sommets stylistiques qui rendrait cette lecture indispensable en dehors du cercle des amateurs du genre.

Un coup de gueule malgré tout mais sur les différentes éditions. Ce genre se prête à un massacre en règle des découpages des différents tomes. Le tableau ci-dessous montre les disparités de découpage entre les différentes éditions (je n’ai pas tout repris). Cela est certes dû aux formats américains qui « acceptent » plus volontiers qu’en France les volumes un peu épais mais, pour toute saga ayant un peu de succès, on retrouve les mêmes problèmes à suivre les liens (qui sont tous sauf parfois logiques) entre découpage américain, découpage français, découpage des volumes en poche, découpages des intégrales… Et encore, j’ai vu pire sur d’autres sagas même si on a droit à un changement de titre entre la version grand format et la version poche de ce qui pourrait être le tome 6 !

VO

VF

Edition US

Edition GB

Grand format

Poche

Intégrale

A game of thrones

Trône de fer Intégrale T1
Le donjon rouge

A clash of kingd

La bataille des rois Intégrale T2
L’ombre maléfique
L’invincible forteresse

A storm of swords

Steel and snow

Les brigands Intrigues à Port-Réal Intégrale T3
L’épée de feu

Blood and gold

Les noces pourpres
La loi du régicide

A feast for crows

Le chaos Intégrale T4
Les sables de Dorne
Un festin pour les corbeaux

A dance with dragons

Dreams and dust

Le bûcher d’un roi Intégrale T5
Les dragons de Meereen

After the feast

Une dans avec les dragons
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