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Fahrenheit 451

Titre : Fahrenheit 451

Auteur : Ray Bradbury

Traducteur : Henri Pobillot

Éditeur : Denoël

« Tâchez de rester à flot de vous-même et si vous vous noyez, mourez en sachant que vous vous dirigiez vers le rivage. » (extrait, page 103)

Ray Bradbury propose avec Fahrenheit 451 une dystopie dans laquelle la lecture est interdite et les livres brûlés directement par les pompiers. Bradbury dépeint une société coupée de toutes ses racines : l’amour, le partage, la communication, l’ouverture d’esprit, la réflexion, la liberté de penser,… Tout cela est remplacé par l’abus d’objets de consommation, comme la télé, qui deviennent à la fois amis, familles, liens avec le monde extérieur, abrutissant les vils consommateurs.

Le héros, Guy Montag, est pompier de son état. On sent pourtant très vite en lui, à travers diverses situations, une propension à être attiré par les objets mêmes qu’il est censé détruire et par tout ce qu’ils représentent : sa rencontre avec Clarisse McClellan le perturbe, et est l’élément véritablement déclencheur de sa transformation, mais pas au point de la dénoncer, avant son premier « vol » de livre on devine qu’il en a déjà plusieurs de cachés chez lui, il a rencontré jadis un lecteur et libre penseur qu’il n’a jamais dénoncé et auprès de qui il ira chercher de l’aide.

Bradbury ne laisse ainsi qu’une place microscopique à l’espoir de voir cette société changer. En effet, si Montag évolue positivement c’est uniquement parce qu’il est un terrain fertile et favorable contrairement à son épouse, Mildred, qui n’a aucun souvenir de leur rencontre, qui va jusqu’à le dénoncer et qui ne montre aucun signe d’une quelconque potentialité de changement. La société étant composée plus que majoritairement par des individus isolés (coupés même de leur propre identité) face auxquels le petit groupe de révolutionnaires littéraires semble bien démuni et désorganisé, celle-ci ne semble pas en mesure d’être vaincue. Selon Bradbury, la solution ne peut venir que de l’homme mais elle semble tellement vaine… Le titre de la seconde partie « le tamis et le sable » sous-tend que le sable de la connaissance propagée par quelques rares intellectuels passe au travers des mailles du tamis constitués par le reste de la population sans aucune action possible sur celle-ci.

Bradbury nous passe un message universel sur le pouvoir de la connaissance et de la culture, matérialisé dans les livres auxquels, par quelques phrases, Bradbury arrive à donner une réalité vivante, et sur la nécessité de se mobiliser pour des causes avant qu’elles ne soient perdues définitivement.

Malheureusement, est-ce lié au texte original ? à cette traduction ? au fait que ce livre devrait être lu « plus jeune » ? à autre chose ?, et je m’en veux de casser un peu un mythe, en dehors de la qualité du message véhiculé par Bradbury, je n’ai pris qu’un plaisir très mesuré à la lecture de ce livre…

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