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part de l'orage

Titre : La part de l’orage

Auteur : Grégory Nicolas

Éditeur : Rue des Promenades

J’avais été dithyrambique sur le précédent livre de Grégory Nicolas (« Là où leurs mains se tiennent »). Je suis contraint de l’être tout autant sur ce livre, plus court, composé de 9 petites nouvelles, et donc plus dense.

Quand Grégory prenait le temps de développer son histoire à son rythme et avec son style dans « Là où leurs mains… », la forme des nouvelles courtes (9 en 115 pages, avec des illustrations intercalées) impose un exercice particulier auquel il répond avec brio en conservant le style qui faisait le charme du précédent livre et en réservant une petite surprise au lecteur sur les deux dernières nouvelles.

Venons-en au thème du livre : le vin. Grégory aime le vin et sait en parler. Il en parle avec des sentiments, des termes techniques ou des termes qui relèvent du registre amoureux. Il en parle comme d’une personne, d’un ami, d’une compagne, d’un double, d’une partie intrinsèque de son être, de son caractère. Il en parle comme d’un être aimé, choyé avec lequel on se fâche, on se réconcilie, on se bagarre, on fait les 400 cents coups… La vie quoi !

Il développe 9 nouvelles autour de 9 cépages : le cabernet franc (l’onctuosité, la rondeur), le chenin (les souvenirs d’enfance), le côt (l’envie), le gamay (la passion), le grenache (la mélancolie), le melon de Bourgogne (la sécheresse, la solitude), le merlot (la saoulerie), le pinot noir (le baroudeur) et le syrah (…).

Grégory lance dans chaque nouvelle des pistes sur chaque vin et parvient toujours à ce qu’elles se rejoignent dans un ensemble dont on se dit qu’il ne pouvait être autrement. Le style est simple, clair et toujours efficace quel que soit le registre de sentiments auquel il fait appel.

J’ai tout particulièrement aimé, dans la nouvelle sur le chenin, les liens qu’il tisse entre la rose et les clémentines des Noëls de son enfance d’abord en les opposant (on a le droit d’aimer les roses mais pas les clémentines ces dernières lui revenant en mémoire lors d’une dégustation de chenin) avant de les rapprocher en qualifiant le chenin, dont l’arôme d’agrumes est une caractéristique, de cépage éphémère à l’image de la rose du Petit Prince.

Dans la nouvelle sur le gamay, Grégory écrit que ce vin est « une fin d’apartheid à lui seul puisqu’on l’appelle gamay noir à jus blanc ». Que voulez-vous rajouter ? En dehors de ce que Grégory a lui-même mis dans ses nouvelles : rien !

Ah si, cette dernière citation : « Le vin, c’est la part que l’orage laisse aux hommes ».

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