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saga france inter

Titre : La saga France Inter – Amour, grève et beauté

Auteurs : Anne-Marie Gustave et Valérie Péronnet

Éditeur : Pygmalion

France Inter, héritière de Paris Inter, fête ses 50 ans. Moi qui suis plus jeune que cette radio qui m’accompagne en filigrane depuis quelques années, je ne suis pas à proprement parler un amoureux d’Inter, un inconditionnel, un fan de la première heure. Autant dire que je ce livre a donc été pour moi l’occasion de découvrir une partie de la petite histoire de cette radio qui en fait la Grande Histoire de la radiodiffusion publique.

J’ai pris plaisir à lire la prose légère et très subjective de Gustave et Péronnet autant qu’à ressentir les souvenirs, sous leur plume et la gouaille des interviewés, comme si j’avais vécu la plupart des évènements radiophoniques évoqués dans ces 300 pages.

Alors bien sûr, France Inter y a le beau rôle : radio avant-gardiste, terrain de jeux et d’essais improbables que nulle autre station ne peut offrir à son personnel, radio de passionnés, décriés ou non (Hees et Val ont un rôle aussi important et « pur » que les premiers directeurs, pionniers et créatifs), radio d’échange, radio proche de ses auditeurs (ou auditeurs trop proches de « leur » chère radio publique ?).

La seule véritable critique assénée par les auteures porte sur le traitement humain que fait la radio de son personnel : rapports tendus avec les syndicats, prévis et grèves qui coûtent cher en audimat et en auditeurs qui ne reviennent pas forcément.

Mais les auteures en question auront pris le soin d’avertir leur lectorat : c’est en tant que passionnées et amoureuses de la station qu’elles ont écrit ce livre. Il n’est donc ni à charge, ni ouvertement critique. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ? Non mais presque et les heurs et malheurs font partie de la vie d’une station. Je serai bien mal placé et bien mal informé pour dire le contraire.

A travers une multitude de petites histoires et de grands souvenirs, on suit l’évolution de France Inter au fil de l’eau, au fil des alternances politiques, au fil des coups de maîtres et des ratés de la rédaction et de la direction. Alors, oui, on ne rentre jamais dans le détail, on effleure, on aborde, on survole mais au final on a une bonne vue d’ensemble qui pour le néophyte que je suis est amplement suffisant et satisfaisant.

Ce livre est aussi précieux dans la mesure où il invoque les fantômes, vivants ou morts, présents ou partis, de Villers, Desproges, Demorand, Legrand, Cohen, Duvic, Kriss, Macha Béranger et tant d’autres.

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