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tu es mort

Titre : Tu es mort

Auteur : Jack Lance

Éditeur : L’Archipel

Jason Evans est publicitaire. Il travaille dans une petite agence à échelle humain. Il est marié à Kayla qu’il connaît depuis 4 ans. Chacun a ses petits secrets qui remontent à un passé séparé : l’un est pyrophobique (il a une peur panique des feux) mais n’a jamais su pourquoi et la seconde a perdu son premier amour de jeunesse violemment d’une crise cardiaque.

Jason reçoit 3 polaroïds coup sur coup : tous représentent un cimetière tandis que le verso du premier lui annonce « tu es mort », le verso du second « tu crois être vivant ; mais tu n’existes pas » et le verso du dernier « 18 août : date de ton décès ». Ces 3 clichés, plus un accident de voiture, vont réveiller les cauchemars incendiaires qui avaient petit à petit cessé de hanter ses nuits. Pour s’en sortir, Jason Evans n’a pas d’autre choix que de fouiller en lui pour trouver l’origine de sa phobie, l’origine des polaroïds et le cimetière qui y est représenté.

Jack Lance, présenté comme le « Stephen King néerlandais », nous offre un thriller somme toute classique mais, pour le genre, plutôt bien troussé, bien écrit et donc plutôt réussi. Pas de serial killer ici mais un élément déclencheur qui va pousser le personnage central du récit à ne pas subir l’action comme c’est souvent le cas et à aller de lui-même chercher la confrontation d’abord avec son passé, seul face à lui-même puis avec son tortionnaire ensuite dont le propre passé est lié à celui du personnage principal.

L’auteur ne cherche pas à noyer le lecteur sous de fausses pistes. Celui-ci est amené à suivre les mêmes indices, à partager les mêmes réflexions que le personnage principal, à commettre les mêmes erreurs de jugement et à être étonné par la solution de l’énigme.

Jack Lance va flirter du côté du paranormal pour mieux retourner l’histoire et traiter de la vengeance qui pour une fois, pyrophobie oblige, est un plat qui ne se mange pas froid mais très très chaud.

On n’évite pas pour autant les « marronniers » de ce type de récits : tous les personnages principaux ont un lourd passé, tous ont ce petit secret de famille qui plombe une personnalité et vous marque un être humain au fer rouge et, malgré tout, le livre se termine sur un happy ending hollywoodien façon « les épreuves qu’ils ont traversé ont fait office de thérapie et ils peuvent maintenant aspirer à un avenir radieux ; ils vécurent longtemps et eurent beaucoup de petits psychopathes enfants », sauf pour les vilains de l’histoire, justement punis par la main du héros.

Malgré ces jalons rendus indispensables par la palanquée de thrillers qui sortent chaque année, ce « Tu es mort » se lit agréablement et permet de passer un moment de lecture qui, s’il n’est pas inoubliable, n’en est pas pour autant une perte de temps irrémédiable.

Après Gideon Crew (tome 1 et tome 2), c’est appréciable.

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