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Comment braquer une banque sans perdre son dentier - Catharina Ingelman-Sundberg

Titre : Comment braquer une banque sans perdre son dentier

Auteur : Catharina Ingelman-Sundberg

Éditeur : Fleuve éditions

Märtha, Stina, Anna-Greta, « Le Génie » et « Le Râteau » : 3 femmes et 2 hommes, suédois et retraités (la plus jeune à 77 ans).

Retenez bien ces prénoms et surnoms, ils vous emmèneront dans un voyage en absurdie pas piquer des vers. Jugez-en plutôt : ils coulent une retraite pas si dorée que cela dans une maison de retraite dont la direction vient de changer… et pas en bien. Elle rogne sut tout : la nourriture, les loisirs et même, et là il ne faut pas pousser, sur les décorations de Noël. Alors, nos 5 vaillants retraités décident d’agir et, suite à la diffusion d’un reportage sur les prisons suédoises qui ont l’air tout de même plus agréable que leur cloaque de retraite, envisagent sérieusement de commettre un délit qui leur permettra d’assurer leur avenir financier et de se faire condamner à une peine de prison leur laissant le loisir de goûter aux plaisirs de ce lieu sur lequel ils fantasment.

Prenez les petits vieux que l’on croise chez Pascale Gautier (in « Les vieilles »), ajoutez-y la guigne légendaire de l’équipe de Dortmunder (ici et ) de Donald Westlake et vous aurez un cocktail assez proche en goût de ce que propose ce roman.

Le premier « crime » commis par nos sémillants septuagénaires est assez symptomatique. Mécontents de leur nourriture, ils décident de faire un « casse » dans la cuisine de l’étage de la direction : légumes frais, poissons pas panés, viande variée et goûteuse, etc… ils se tapent un bon gueuleton bien arrosé. Malheureusement pour eux, rattrapés par leur âge avancé et l’alcool ingurgité, ils s’endormiront autour de la table malgré leurs velléités de rangement pour laisser l’endroit aussi propre à leur départ qu’à leur arrivée et se feront choper par le directeur le lendemain matin !

L’humour provient certes de cette déveine constante (toujours précédemment contrebalancée dans le livre par les circonstances chanceuses des effractions commises par le groupe et leur simplicité déconcertante, peu crédible certes mais le propos n’est pas là), mais jamais rédhibitoire, mais aussi du décalage créé par ces petits vieux qui se piquent de cambriolage, de kidnapping, j’en passe et des meilleurs, et par leurs caractères bien trempés. Ils traînent avec leurs déambulateurs, fuguent de la maison de retraite. « Le Génie » doit son surnom à toutes sortes d’invention allant du chausson lumineux équipé de diodes à… mais je vous le laisserai découvrir. « Le Râteau » a la main verte, Anna-Greta vient d’une famille aisée et Stina se prend pour une gravure de mode. Le cerveau de la bande, Märtha, n’a pas froid aux yeux et les exactions commises par cette bande de vieux loufoques les rajeunissent.

Alors bien sûr, Ingelman-Sundberg en rajoute dans la caricature des personnages et des situations : de la direction et des infirmières de la maison de retraite odieux et pingres aux  policiers incompétents qui ne voient vraiment pas plus loin que le bout de leur nez, de quiproquos ahurissants en rebondissements invraisemblables… mais le roman fonctionne bien, est drôle et on se prend à rêver au succès de ces vieilles canailles.

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