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Histoires inédites ... de la rivalité du tennis - Stephen Tignor

Titre : Les histoires inédites les plus féroces de la rivalité du tennis

Auteur : Stephen Tignor

Éditeur : Premium

Ce livre pose la douloureuse question de la relation intime ou non qu’il y a entre le fond et la forme.

A travers la professionnalisation du tennis, l’émergence de figures telles que Connors, Vilas, Gerulaitis, Borg ou McEnroe, Tignor dresse le tableau d’un sport qui, au début des années 80, a radicalement changé que ce soit en terme d’approche de jeu, d’état d’esprit… Les rivalités entre McEnroe et Connors, McEnroe et Borg, entre les joueurs et les tournois ont nourri le tennis et l’ont fait évoluer.

Tignor part des tournois de 1980 et 1981 (essentiellement Wimbledon et l’US Open) pour tisser son récit sans oublier d’aller piocher dans les origines (élitistes et herbeuses) du tennis, les révolutions subies dans les années 20, les grands noms des joueurs amateurs et en 1968 l’apparition du professionnalisme et la création future du syndicat des joueurs, l’ATP.

Il tisse sa trame en l’agrémentant d’anecdotes, de petites histoires qu’elles aient eu lieu sur ou en dehors des terrains, dans les coulisses, entre les tournois, en passant des colères de Connors ou de McEnroe aux analyses sèches et froides de Borg.

Pour reprendre la phraséologie du grand fiscaliste Charles Aznavour, Tignor nous parle d’un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître…et que les quarantenaires comme moi n’ont pas forcément appréhendé. Nous étions encore trop jeunes pour nous adonner à la vénération des Dieux Wimbledon, Roland Garros, US Open ou Open d’Australie.

Sur le fond, ce livre est plutôt une réussite, même si je pense qu’il n’apportera malheureusement pas de fait ou d’éclairage nouveau sur cette période pour ceux qui ont eu la chance de la vivre, ce qui, une fois encore n’est pas mon cas… réussite relative donc dans la mesure où les promesses du titre ne sont pas forcément tenues mais totalement gâchée par la forme.

Est-ce que le texte américain est à la base mal écrit ? Est-ce que le traducteur s’appelle Google ? Toujours est-il que l’éditeur n’a pas, à mon sens, fait son travail d’éditeur et qu’aucune relecture n’est venue précéder la publication du livre. C’est bien dommage. Car si on peut aisément et bien volontiers pardonner un ou deux coquilles dans un texte de plusieurs centaines de pages, quand les coquilles reviennent pratiquement à chaque page, ce n’est pas admissible. Et elles parviennent, ces coquines coquilles, prouesse éditorialiste s’il en est, à prendre toutes les formes possibles et imaginables :

    • Les conjugaisons et accords en nombre ne sont pas maîtrisés
      • page 62 : « …mais aussi seul qu’ils se sentaient, l’ultrasensible McEnroe était toujours réglé en fonction des émotions du public »
      • page 58 : « … ainsi que des valeurs inculquaient par son éducation. »
    • Des mots sont parfois oubliés :
      • page 123 « Ce jour-là, il s’était montré suffisamment bon breaker Connors à 5-4 lors du premier set
      • page 235 « Je pensais qu’on soutenus et entraînés mutuellement jusqu’à ces hauteurs impensables. Et il est parti comme ça, sans prévenir » (citation de McEnroe à propos de Borg)
    • Les règles de ponctuation laissent régulièrement à désirer
      • On ne met pas de « , » avant un « et »
      • Des citations qui commencent par «  et se terminent par ˝
      • des « , » qui se baladent dans les guillemets des citations plutôt qu’après
    • L’ordre des mots a aussi parfois son importance : on ne dit pas « Un à moment… » mais plutôt « A un moment… »
    • La syntaxe et la grammaire sont parfois piétinées allègrement rendant des phrases incompréhensibles

Pour tout autre livre, je pense que je ne l’aurai pas fini tant les erreurs de forme sont nombreuses et rendent la lecture fastidieuse. Restaient pour moi l’attrait du tennis et le fait d’apprendre quelque chose. Heureusement…

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