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Dans les entrailles du pouvoir - Stéphanie Von Euw

Titre : Dans les entrailles du pouvoir

Auteur : Stéphanie von Euw

Éditeur : Editions du moment

Au moment de la nomination de Paul comme ministre, Caroline devient sa chef de cabinet. Elle est accompagnée de Sophie, l’attachée de presse scotchée à son portable qui déprime dès qu’elle n’a plus de réseau. Ce livre est le récit de Caroline des dix-huit mois que durera le cabinet, le temps d’une déculottée aux régionales et d’un remaniement ministériel.

De droite, de gauche, peu importe, les vies de tous les cabinets ministériels se ressemblent, à base d’urgences, de communication, d’exposition médiatique et de mesure phare. A base, aussi, de guéguerres internes entre services, entre ministères, entre organes du pouvoir, ou médiatique.

De la constitution et de l’installation du cabinet dans ses locaux au départ en catimini en passant par l’organisation des déplacements, la promulgation d’une loi, les relations avec la presse et les différents ministères, « Dans les entrailles du pouvoir » ne laisse rien de côté et, si ce que l’on apprend n’a finalement à bien y réfléchir rien de révolutionnaire, cela permet de comprendre quand même quelques rouages et modus operandi des gens qui nous gouvernent.

Le hic c’est plutôt la forme. Stéphanie Von Euw s’est basée sur des éléments hautement autobiographiques ce qui pourrait justifier l’emploi du je… sauf que Stéphanie ne met pas le je dans sa bouche mais dans celle d’un personnage de fiction qui est donc le reflet exact d’elle-même sans l’être vraiment. En fait, ce livre aurait largement gagné à être soit une vraie autobiographie soit une pure fiction mais pas traitée à la première personne.

Et le livre n’évite pas l’écueil propre à ce type d’ouvrage : l’aspect catalogue des situations qui en fait un compte rendu plutôt qu’un vrai roman. N’énumère pas à la Prévert qui veut…

Ceci mis à part, ces « entrailles » n’en sont pas moins intéressantes, didactiques et révélatrices des inerties propres à notre société. L’urgence et l’éphémère ne sont pas bonnes conseillères et représentent un frein aux changements. Sans parler de la gestion plus qu’aléatoire des compétences quand le politique prend le pas sur le pragmatique et la logique.

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