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Le dernier déluge - David Emton

Titre : Le dernier déluge

Auteur : David Emton

Éditeur : Albin Michel

Paris, de nos jours, sous la pluie depuis 5 semaines, en pleine crue centennale. Dans ce décor apocalyptique où les rues s’effondrent, où les monuments s’effondrent, où les pouvoirs politiques s’effondrent… où tout s’effondre sous des flots boueux, une femme et un homme se lancent dans une folle course-poursuite (contre le temps qu’il fait, contre le temps qui passe, contre les assassins lancés à leurs trousses…) et vont tout faire pour sauver un nouveau-né porteur d’une souche virale qui pourrait se révéler fatale à la race humaine.

Les premières pages sont parfaitement représentatives :

  • une femme, hôtesse d’accueil d’un groupe pharmaceutique, reçoit chez elle un colis contenant un nouveau-né dans une poche de protection et qui lui est adressé par l’un des meilleurs chercheur au monde, salarié du groupe pharmaceutique où elle travaille et avec qui elle a lié connaissance
  • ce chercheur est assassiné pour savoir où il a « rangé » le bébé : un assassin d’origine chinoise le jette de son avion privé, avion qui ira s’encastrer dans les tours de la Défense
  • le tueur chinois et un agent américain se baladent dans Paris sous les eaux à la recherche de la jeune femme en tuant à peu près tout ce qu’ils rencontrent
  • la jeune femme, amoureuse de son voisin mais qui n’ose pas l’aborder, va le voir après avoir ouvert son colis. Excellente idée : non seulement il est aussi amoureux d’elle et n’ose pas non plus l’aborder mais en plus il est journaliste free-lance ultra spécialisé dans le domaine médical !

Vous l’aurez vite compris, si on part du postulat que « plus c’est gros et mieux ça passe », alors ce « dernier déluge » passe très très très très bien ! Si on accepte l’improbable à chaque page, si l’on ne cherche pas une réflexion sur le danger de la rechercher génétique et le rôle d’apprentis sorciers des chercheurs, si on intègre les concours de circonstance comme une donnée de base, ce livre est un excellent compagnon de plage, un page turner comme on en fait beaucoup.

Il a au moins ceci pour lui qu’il est bien écrit, beaucoup mieux que certains thrillers. Des chapitres courts, des rebondissements réguliers, des allers-retours incessants entre les fuyards (l’héroïne, le reporter et le bébé), les poursuivants (l’assassin chinois, l’américain, les services de police parisiens), la gestion de la crue par le préfet, les tentatives du fondateur du labo pharmaceutique pour retrouver le bébé, les informations posthumes consenties, dans le cadre d’un aveu tardif, au compte-goutte par Levine sur ses recherches sur le Sida … on n’a guère le temps de s’ennuyer, ni celui de réfléchir d’ailleurs. Un vrai potentiel de blockbuster made in US pour grand écran.

Abracadabrantesque, dantesque, extravagantesque, improbablesque mais divertissantesque si, au choix, le soleil vous fait défaut une matinée sur votre lieu de villégiature estival ou si au contraire, alangui sur une plage de sable fin, les guiboles et le nombril à l’air, vous profitez, enfin !, de la noyade de vos enfants (ou de votre épouse si vous n’avez pas d’enfants, ou de votre belle-mère si vous êtes heureux avec votre épouse, ou de votre voisin de serviette de plage s’il a mis son transistor à fond sur le Tour de France) pour lire plus d’une page d’affilée… Vite dévoré et vite digéré mais faut-il lui en demander plus ?

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