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paris la nuit

Titre : Paris la nuit

Auteur : Jérémie Guez

Éditeur : J’ai lu

Ce « Paris la nuit » précède « Balancé dans les cordes » qui lui-même précède « Du vide dans les yeux » (dans ma PAL) pour former la trilogie parisienne de Jérémie Guez. Ceux qui me connaissent bien relèveront sans doute que je retombe dans mes travers d’autrefois et que je me remets à lire des « séries » dans le désordre ! Soit… mea culpa, mea maxima culpa… Et je le regrette sincèrement. Pour les autres, faites comme si vous n’aviez rien vu.

Car il y aurait tout de même une logique à lire « Paris la nuit » avant « Balancé dans les cordes » ; évidente quand on les lit à l’envers. « Paris la nuit » est un roman très court qui n’a pas la même force vitale que « Balancé dans les cordes » et pour essentiellement deux raisons.

Déjà, c’est un premier roman et on sent dans l’écriture qu’indéniablement Jérémie Guez a mûri, progressé ou ce que vous voulez entre les deux livres. Que ce soit dans le style, dans la structure narrative… tout est un peu plus maîtrisé dans le second que dans le premier, rendant ainsi la lecture du premier après le deuxième un poil plus fade (mais surtout pas inintéressante, ne me faites pas non plus dire ce que je n’ai pas dit).

Ensuite, parce que dans « Paris la nuit », on sait dès le départ que cela finira mal (un peu comme dans « Balancé dans les cordes », je vous l’accord bien volontiers) mais à cette différence près que dans « Paris… » (j’abrège les titres à partir de maintenant) il n’y a jamais au grand jamais de source d’espoir quand « Balancé… » offre un semblant d’échappatoire au héros à travers la boxe. Ici, en dehors de la drogue, du deal, du braquage, il n’y a pas de vie pour Abraham, Goran, Nathan ou Trésor, les petites frappes de cette histoire.

Ils ne sont pas issus de la banlieue, ils habitent Belleville, le quartier de Marx Dormoy… ils vivent leur quartier, ils respirent leur quartier, ils sont leur quartier, dignes représentant d’une délinquance ordinaire qui traine non pas son mal être, puisqu’ils vivent leur vie de dealers/braqueurs comme si elle était naturelle, mais son destin derrière elle : celui de mal finir, emportée dans une spirale de violence sans fin.

Jérémie Guez excelle à mettre des mots sur une atmosphère, une ambiance, une urgence pour donner vie au béton, aux voitures, aux rades de quartier, aux barres d’immeuble. Objets inanimés avez-vous donc une âme ? Indéniablement oui sous la plume de Jérémie Guez qui personnifie comme nul autre la ville, Paris en l’occurrence.

Autant dire que si la qualité de l’écriture de Jérémie Guez va encore crescendo dans le troisième « Du vide… », je me régale à l’avance.

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