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Le poison d'amour - Eric-Emmanuel Schmitt

Titre : Le poison d’amour

Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt

Éditeur : Albin Michel

Ce « poison d’amour » tracasse quatre jeunes adolescentes, à l’orée de leur devenir de femmes, alors qu’elles sont en premières, montent avec leur professeur « Roméo et Juliette » de Shakespeare et découvrent les émois provoqués par l’amour et son pendant physique : le sexe.

C’est un roman sur le mal-être, sur le désespoir en l’avenir, en l’amour et en l’amitié, une ode à la trahison, au dépit amoureux. On se croirait pour un peu dans un film de Christophe Honoré façon « je t’aime moi non plus » aux amours prise de tête, les chansons en moins…

Colombe, Julia, Anouchka et Raphaëlle sont les meilleures amies du monde, de leur petit monde un peu mièvre, un peu cul-cul la praline qui tourne autour des mecs mais surtout autour d’elle : le regard qu’elles portent aux autres mais surtout à elles-mêmes avec tout la gangue de manque d’assurance, d’estime de soi que cela implique quand elles se comparent aux autres.

Colombe est la « nana canon » du groupe, celle qui a la plus belle poitrine et celle qui attire le plus les garçons et celle qui en consommera le plus. Julia est la plus sceptique face à l’amour et sa récente déception amoureuse provoquera, sur le mode « dominos », une suite de situations aux conséquences dramatiques.

Anouchka est la plus « neutre » du groupe. Celle qui passa inaperçue, celle dont les parents ne sont pas séparés, celle qui parait normale et donc transparente parce qu’elle n’a rien de particulier, ni dans sa vie, ni physiquement.

Raphaëlle est le garçon manquée de la troue, la fouineuse, la curieuse qui sera l’étincelle qui mettre le feu aux poudres. C’est d’ailleurs elle qui jouera Roméo dans la pièce et donnera la réplique à Julia qui aura fait des pieds et des mains pour tenir le rôle de Juliette.

Sur les 170 pages de ce livre, la première moitié est à l’image de ces adolescentes qui n’ont pas fini de mûrir : un peu superficielles. Sont-elles réellement nécessaires à la mise en place du drame qui se joue en coulisse ? Un peu mais elles ne sont pas totalement convaincantes. La seconde moitié du livre est plus réussie et l’auteur parvient enfin à intéresser le lecteur aux jeux pervers qui se jouent entre les quatre amies.

Un livre plaisant, un brin intrigant sur la fin, mais pas franchement indispensable dont je ne suis pas sûr qu’il reflète vraiment les adolescents d’aujourd’hui ou alors ceux d’un certain milieu privilégié. Mais après tout, je ne côtoie pas d’adolescents, du moins pas encore…

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