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Le château des étoiles - Alex Alice

Titre : Le château des étoiles – 1869, la conquête de l’espace – Tome 1

Auteur : Alex Alice

Éditeur : Rue de Sèvres

ILS NE SAVAIENT PAS QUE C’ETAIT IMPOSSIBLE. ALORS ILS L’ONT FAIT

Alex Alice n’est pas un nom inconnu dans le domaine de la bande dessinée. De par « Le troisième testament » dont il a scénarisé les 7 tomes et dessiné les 4 premiers, il s’est fait connaître du grand public à travers un récit ésotérico-religieux qui avait pris ses lettres de noblesses dans les années 90 avant, de par la pléthore de titres, de passer, un peu comme le thriller en littérature, au rang de facilités éditoriales souvent bâclées. Passons ce débat pour aborder ce « Château des étoiles » bien loin de ces considérations scénaristiques.

Alex Alice nous entraîne ici sur les traces de Jules Verne avec une technique de couleurs directes inédite pour lui. Le résultat est plutôt enthousiasmant.

Pour ce qui est de l’histoire, nous suivons, fin XIX° siècle, Séraphin dont la mère s’est tuée en ballon stratosphérique à la poursuite de l’éther, censé pouvoir faire voyager dans l’espace. Séraphin et son père reçoivent un jour une lettre les informant que le journal de bord de Claire a été retrouvé en Allemagne et les invitant à travailler sur la suite du projet de la mère de Séraphin.

Le grand ordonnateur et argentier du projet de voyage dans l’espace n’est autre que le roi Louis II de Bavière, prisonnier de ses propres rêves et de la bataille qui l’oppose à Bismark. Si le premier voit dans la maîtrise de l’éther et la construction d’un vaisseau capable de voyager dans l’espace un moyen de plus pour s’évader et continuer à sombrer dans une excentricité fatale, le second y voit l’occasion d’avoir une arme de guerre inégalable et à nulle autre pareille.

Ce tome 1 regroupe les 3 premiers volets de l’histoire publiés sous forme de journal. 3 autres volets sont à paraître et un deuxième tome les regroupant aussi. Il s’achève sur la construction de l’éthernef par le père de Séraphin qui aura entre temps tenté de déjouer un complot contre le roi. Ce roi si particulier est présenté ici avec une dose certaine d’affection, plus rêveur qu’excentrique d’ailleurs.

Les premières planches, je l’avoue m’ont laissé sceptique, et puis la magie de Jules Verne prend et Alex Alice nous emmène où il veut, on le suit, on le croit, on gobe tout ce qu’il nous raconte, tout ce qu’il invente.

La couleur directe donne une touche de douceur, de tendresse à l’histoire d’Alex Alice soulignée aussi par le personnage de Sophie, la jeune servante qui aide Séraphin, et de son demi-frère Hans qui, lui, semble échappé d’un dessin animé de Miyazaki.

C’est une douce rêverie qu’il est heureux de savourer douillettement avant de s’endormir des étoiles plein la tête.

Bonus : un entretien avec Alex Alice sur BDGEST.