Mots-clefs

, , , , , ,

derrière le papier à fleurs

Titre : Derrière le papier à fleurs

Auteur : Junie Terrier

Éditeur : Rue des promenades

Je sais ce que vous allez me dire : encore un billet élogieux pour un bouquin qui sort de Rue des Promenades, en SP, en pur bon copinage… Détrompez-vous, mes amis ! Si ce billet est une fois de plus élogieux, c’est qu’une fois de plus Rue des Promenades et son auteur m’ont séduit, avant tout et respectivement par leurs choix éditoriaux et leur plume. Et si vous m’y forcer vraiment, je vous avouerez même, sous la torture, que celui-là est un de mes préférés…

Petit (par la taille) et grand (par le talent) recueil de nouvelles qui traitent toutes de l’amour : paternel/maternel/filial/fraternel, charnel, interdit, vache, mort, déçu, raté, maître/élève, fatal, mystique ou guerrier.

Chaque thème a sa nouvelle, parfois très courte (moins de deux pages) et piquante, parfois plus longue mais tout aussi percutante. Junie Terrier parvient à réaliser un petit exploit en ne proposant aucune mauvaise nouvelle parmi la quinzaine proposée. Il y en a de plus ou moins réussies mais à mon sens aucune n’est à jeter.

Après cette note d’optimisme de rigueur sur l’indéniable qualité des textes, passons au fond. Et là, comment vous dire… Ah oui : Dieu que Junie Terrier ne se fait aucune illusion sur l’amour ! Dieu que ses tableaux sont obscurément et forcément impossibles, désespérés, néfastes, contre nature, pervers, criminel, pervers, nocives… ! De la fille adultérine d’un père qui fait mine de s’y intéresser à une femme en pleurs suite à l’absence de son mari en passant par la demi-sœur qui vit une histoire d’amour et de haine mélangés envers son aînée qui disparaît le jour de son anniversaire ou l’assujettissement d’une femme comme objet sexuel, Junie Terrier darde son regard acerbe sur les relations amoureuses.

Je dis « tableaux » volontairement. Chaque nouvelle est un peu comme un tableau qu’on accrocherait dans son appartement qui pris individuellement a déjà un sens et dont l’ensemble fonctionne en magnifiant un peu chaque parcelle de l’œuvre globale, tout en cohérence et en nuances allant de la douceur à la violence. L’abandon est un thème récurrent du recueil.

Ce n’est donc certes pas une leçon d’espoir que nous livre Junie Terrier mais elle maîtrise particulièrement son cours magistral dans un registre souvent casse-gueule. C’est une jolie plume acide et acidulée, piquante mais diablement envoûtante. Alors n’hésitez pas et venez avec moi voir un peu de la laideur et de la tristesse qui se cache « derrière le papier à fleurs »… Vivement conseillé !

Publicités