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Kind of black - Samuel Sutra

Titre : Kind of black

Auteur : Samuel Sutra

Éditeur : Flamant Noir

« Kind of black » est un pur roman d’atmosphère. Pour un livre parlant de jazz, ce n’est pas étonnant et finalement plutôt cohérent. Samuel Sutra s’appuie sur une histoire policière, dont la cohérence ou la crédibilité n’est pas un élément essentiel, celui-ci n’étant qu’un prétexte pour parler de ce qui l’intéresse le plus : la musique et plus précisément le jazz. Celui des petits clubs dont la salle va s’enterrer en sous-sol, celui du pianiste maudit, celui de l’underground, de la confidentialité, d’une certaine pureté et de noblesse.

Stan Meursault est pianiste au Night Tavern, à Paris. Ce soir il va jouer avec la grande Davis, diva contemporaine du jazz, d’origine française, partie s’exiler au States pour lancer sa carrière internationale. Que des standards, sauf la première chanson : Stan jouera le titre qui a apporté le succès à Davis. Mais Davis ne l’accompagnera jamais au chant : elle est retrouvée poignardée dans sa loge. L’enquête s’oriente rapidement vers quelques personnes : le propriétaire du bar, la serveuse (amoureuse du pianiste), Stan (ancien amant de Davis), l’agent américain de Davis, le technicien son et les deux autres musiciens de la soirée.

L’essentiel n’est pas dans l’enquête mais dans les personnages d’une part et dans l’histoire de Stan et de Davis qui se dévoile petit à petit d’autre part. Pas de véritable suspens dans la mesure où de nombreux pans de l’histoire se devinent aisément sans pour autant fournir le coupable avant la dernière partie du livre.

Samuel Sutra entretien une véritable passion avec le jazz qu’il insuffle dans les personnages de Stan et du policier, Jacques, ancien pianiste un peu raté de jazz qui aurait souhaité pouvoir en faire son gagne-pain. Et dans la serveuse aussi même si c’est dans une moindre mesure. Samuel Sutra réussit une excellente fusion entre un roman de genre (genre musical) et un polar qui ne dit pas vraiment son nom et qui a surtout raison de ne pas l’assumer pour laisser la musique prendre le pas. A tel point que Jacques se désolera de ne pas avoir su démêler l’intrigue à travers la musique mais grâce à son instinct de policier et un indice d’un tout autre genre, purement procédural, dirons-nous.

J’ai pris un grand plaisir à suivre Samuel Sutra dans ce qu’il écrit du jazz, dans ce qu’il déplore de sa confidentialité, en dehors des grands noms du jazz, dans ce qu’il dresse comme tableau des sentiments humains (haine, vengeance, repentir, déception, amour, espoir).

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