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Le sang de mon ennemi - James Patterson

Titre : Le sang de mon ennemi

Auteur : James Patterson & Michael Ledwidge

Éditeur : L’Archipel

Ce roman fait suite à « Moi, Michael Bennett » des mêmes auteurs et reprend l’histoire directement là où ils l’avaient arrêtée. Un petit rappel s’impose donc : Michael Bennet est un flic new-yorkais, veuf, affublé de 10 gamins, tous adoptés, et d’une nounou irlandaise. Il se retrouve au centre de l’arrestation de Manuel Perrine, plus grand narcotrafiquant que la terre (en tout cas celle des USA) ait porté, puis de son évasion au cours de laquelle il promet à Bennett de se venger sur lui et sur toute sa famille. Celle-ci se retrouve alors mise au secret sous la protection du FBI.

Le nouveau roman va donc poursuivre l’histoire en suivant deux fils rouges : les actions menées par Perrine depuis le Mexique pour faire main-basse sur les activités illégales de Californie (assassinat en masse des parrains locaux, mise en place de son propre réseau) et celles entreprises pour localiser la planque de la famille Bennett. Entre temps, Michaël reprend du service auprès du FBI pour tenter d’épingler et d’éradiquer la menace Perrine.

Le premier fil rouge constitue l’essentiel de la première partie du livre. Lors d’une prise de contact de Perrine avec le FBI, celui-ci annonce à l’agence fédérale qu’il compte reprendre la Californie aux Etats-Unis pour la rendre au Mexique ! Soit mais les auteurs n’iront jamais plus loin, préférant actionner ensuite le levier de la lutte à mort qui oppose Bennett à Perrine. Pourquoi alors agiter le chiffon rouge de l’activité terroriste de Perrine si c’est pour ne pas le régler et si l’activité mafieuse de Perrine se suffit à elle-même ?

Venons-en à la traque de la famille Bennett par Perrine, l’autre fil rouge, le seul, le vrai. Perrine ne ménage pas ses efforts pour les retrouver allant jusqu’à torturer et assassiner un agent du FBI déchainant par conséquence sur sa tête toutes les ressources judiciaro-policières des Etats-Unis, jusqu’à a plus importante de toutes : le Président himself qui n’hésite pas à signer l’arrêt de mort de Perrine. [Attention spoiler] Perrine retrouvera bien entendu la trace de la famille, abandonnée pour raisons professionnelles par Michaël. Et quelle chance à ce moment-là pour la famille Bennett d’être retranchée dans un coin paumé, pile à côté d’une plantation de marijuana dirigée par un ancien militaire US et qui viendra en temps utiles à la rescousse de la nounou et des enfants ! [Fin spoiler]

D’à peu près en impossibilités et en invraisemblances, Patterson et Ledwige livrent un roman qui va à 100 à l’heure et où l’on ne s’ennuie pas, c’est indéniable. Le seul hic, c’est que ces romans ne sont rien de plus que du divertissement pour le plus grand nombre mais d’où est absent tout fond, toute réflexion. La phrase la plus engagée du livre est, peu ou prou, celle-ci, en guise de réflexion sur le rôle et le travail des journalistes : « J’avais déjà bu quelques bières à l’hôtel, sans aucun effet. Voir dans les journaux télévisés nationaux les reportages consacrés à la décapitation aurait suffi à dessoûler l’alcoolique le plus endurci. » Et basta !

Je sais, vous me direz qu’en général, le côté exclusivement divertissant d’un livre ne m’empêche pas de ne pas en dire du mal… mais celui-ci relève un peu trop de l’élucubration à mon goût pourtant grand public.

Ah et puis, il y a quand même quelque chose de très américain, et qui résonne bizarrement en ces jours de trouble suite aux attentats terroristes à Paris, qui relève de la loi du talion, de la justification d’une réaction violente à des actes violents. Cela m’aurait forcément marqué mais là cela prend une dimension nouvelle et, espérons-le, pas prémonitoire de la dérive liberticide que nous pourrions être amené à connaître.

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