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Le roi des rêves : Louis II de Bavière - Isaure de Saint Pierre

Titre : Louis II de Bavière – Le roi des rêves

Auteur : Isaure de Saint Pierre

Éditeur : Albin Michel

Le propre de l’être humain n’est-il pas de rêver ? C’est un peu ce qu’il perd en grandissant et ce qu’a su garder Louis II de Bavière : enfant dans l’âme toute sa vie, succombant à toutes ses tentations (charnelles, artistiques…), il n’a pas été retenu par l’Histoire comme un roi mais comme un être fantasque, un peu fou, s’agrippant farouchement à ses rêves.

C’est ce roi là qu’Isaure de Saint Pierre décrit dans cette biographie romancée, forcément romancée pour un roi romantique, cousin de Sissi, admirateur devant l’éternel de Wagner auquel il aura (presque) tout passé : frasques sexuelles, demandes incessantes de subsides et de paiement de ses dettes, sautes d’humeur… La relation de Louis II et de Wagner prend des proportions dans la vision de l’histoire d’Isaure de Saint Pierre qui en font l’épicentre de son récit. Au-delà de Wagner, Louis II entretient avec le théâtre et l’opéra une passion telle, à la limite de la relation amoureuse, qu’il finit par exiger d’assister seul aux représentations dans une salle vide de tout autre spectateur que lui.

Ses rêves de grandeur artistique qui se seront matérialisées dans deux projets phares de son règne, d’une part sa générosité vis-à-vis de Wagner et d’autre part ses projets de construction de châteaux plus somptueux les uns que les autres, auront finalement eu raison de lui : face à la gabegie orchestrée par Louis II, ses ministres vont organiser son internement puis son assassinat.

Entre sa prise de pouvoir et sa déchéance, Louis II aura été un roi tour à tour aimé par ses sujets prompts à lui pardonner ses excès et détesté par les mêmes quand il répond trop favorablement et trop outrancièrement aux demandes de Wagner ou quand il fait mine de ne pas vouloir prendre fait et cause pour la Prusse et Bismarck contre la France en 1870.

Louis II aura marqué à la fois l’apogée du Royaume de Bavière (qui n’aura existé qu’une grosse centaine d’années, entre 1805 et 1918) et le début de son déclin qui commence en 1870 et son intégration à la Confédération de l’Allemagne du Nord de Bismarck et se poursuit immédiatement après avec son entrée dans l’Empire allemand en 1871.

C’est avec les rêves (ou les ambitions) qu’on crée les grands destins. Louis II fait indéniablement partie de ces êtres capables de soulever des montagnes grâce à leur indéfectible volonté. On pourra regretter qu’Isaure de Saint Pierre s’intéresse finalement peu aux enjeux politiques de l’époque, certes limités aux vues hégémoniques de Bismarck et réduits à la portion congrue de la volonté même de Louis II qui, s’il ne se désintéressait pas de ces questions, avait des choses à l’esprit beaucoup plus importantes à ses yeux que ces questions de diplomaties et d’étiquette.

Le billet du hibou est posté ici.