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L'horreur du West End - Nicholas Meyer

Titre : L’horreur du West End

Auteur : Nicholas Meyer

Éditeur : L’Archipel

Grand fan des œuvres originelles de Sherlock Holmes, je me suis toujours méfié des pastiches et reprises effectuées depuis des décennies. L’inégalité des auteurs devant la tâche qu’ils entreprennent est tellement source de déceptions que j’y suis toujours allé à reculons. Mais celui-ci m’attirait, me faisait de l’œil… et je ne peux que féliciter la faiblesse m’ayant poussé vers sa lecture.

Londres, 1895, G. B. Shaw sollicite Holmes dans le cadre de l’assassinat d’un critique aux nombreux ennemis, aussi nombreux que ses critiques, bien entendu. L’assassinat de cet homme est presque immédiatement suivi par l’assassinat d’une actrice du Savoy puis de la disparition des deux corps accompagnés du médecin légiste.

Plusieurs éléments rendent ce petit livre, qui se lit à la même folle vitesse effrénée que l’enquête d’Holmes, particulièrement plaisant parmi lesquels nous pouvons citer en vrac :

  • Le style impeccable de l’auteur qui n’est pas sans rappeler celui de Conan Doyle : le fait de plonger immédiatement le lecteur dans l’atmosphère de ce Londres victorien est déjà en soi une prouesse
  • Les joutes verbales entre Holmes et Watson qui l’on retrouve avec délectation : toujours omniprésentes et toujours en faveur d’Holmes, elles donnent l’occasion à Watson de faire preuve de toujours autant d’imagination malheureusement toujours aussi peu fertile en résolution d’énigme
  • L’envolée finale, toujours source de danger, Watson ne quittant jamais son précieux pistolet, ingrédient presque systématique des fins d’enquête de l’hôte de Baker Street
  • Madame Hudson qui râle sans relâche, peste contre la vie tumultueuse d’Holmes, ses frasques et lubies diverses et variées, sans parler des personnes qui viennent lui rendre visite
  • La mise en avant des talents d’Holmes en matière de déguisement qui parvient même à rouler Watson lui-même
  • Les connaissances toujours ciblées d’Holmes en matière de cigares/terres/accents/etc… mais toujours maîtrisées sur le bout des ongles quand cela peut avoir un rapport avec une potentille enquête
  • Le milieu dans lequel évoluent Holmes et Watson : pour le coup original par rapport à l’œuvre originelle d’Arthur Conan Doyle qui se plaisait plutôt à faire côtoyer Holmes aux puissants de son époque, Nicholas Meyer plonge le détective dans le milieu du théâtre entre Shaw, Wilde ou Stoker

Tout ceci rend cette « horreur du West End » tout à fait digne des aventures d’Holmes et de votre lecture.

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