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Royom - Clear

Titre : Royom

Auteur : Clear

Éditeur : Edilivre

Bon, alors autant le dire tout de suite, du haut de cette chronique, vingt ans (environ) d’amitié vous contemplent… Espérons qu’il en reste quelque chose après !

C’est à la fois un peu surpris, flatté et heureux (pour l’auteur) que je reçus un jour une enveloppe contenant un livre écrit par un certain Clear, accompagné d’un mot sur une carte, que je garderai pour moi, vous me passerez ces accès de sensiblerie et d’intimisme. Je tenais entre mes mains tremblantes (ce sont ses mots à lui) son livre, le sien, écrit avec ses petites mains, son grand cerveau et ses idées immenses. C’est avec des mains fermes que je l’ai lu et des mains tremblantes que je vous livre le récit de cette lecture.

Replaçons déjà le livre dans son contexte narratif : il s’agit d’heroic-fantasy, ni plus, ni moins. Dans un monde peuplé exclusivement d’elfes, de nains et de créatures goblinoïdes (ork, troll, ogre,…), Silecs, Grunt et Piotr (i.e. respectivement l’elfe, l’ork et le nain, autrement dit respectivement le bon, la brute et le truand, le tiercé n’étant pas forcément livré dans l’ordre…) se retrouvent, par le truchement et les manigances de Silecs, à cheminer ensemble vers le château de Rouge. Silecs, Rouge et Orphée, tous trois elfes, sont les créateurs de Royom, l’un des nombreux mondes qui coexistent au milieu du chaos, entité infernale bien réelle et mortelle qui gagne chaque jour un peu de terrain.

Soyons ensuite, malgré tout ce que j’ai dit en préambule, honnête : ce livre est une réussite malgré quelques défauts, c’est un premier livre, facilement et largement corrigeables pour la suite des aventures de nos trois héros.

Dans un premier temps, l’intrigue est bien ficelée, ménageant son lot de surprises et laissant planer un certain mystère sur l’issue finale du récit. Elle souffre parfois d’un manque de liant entre les chapitres ou sous-chapitres et certains d’entre eux (deux ou trois sur l’ensemble du livre) semblent parfois arriver comme un cheveu sur la soupe laissant le lecteur circonspect sur son utilité sans toutefois nuire au déroulé du récit.

Clear alterne le récit des aventures des trois héros (d’abord isolés puis réunis), les extraits du journal d’un certain Zor, nain historien, et les passages impliquant des personnages pas si secondaires – et presque plus importants que les trois héros – dont ne saisit ni les objectifs ni les caractères ni l’importance de prime abord. Tout cela viendra certainement en son temps, dans la suite des aventures.

Dans un deuxième temps, disons que le style de Clear est fluctuant. Cette approche est tout d’abord déroutante avant de prendre sens au fur et à mesure et de permettre de bien distinguer les différents passages soit purement narratifs (le journal de Zor), soit plus obscurs (les personnages secondaires), soit plus triviaux (nos trois héros principaux). Si cela parait disparate de prime abord, ces sautes de style sont autant de jalons et de repères.

Dans un troisième temps, supputons que Clear ne s’est pas totalement pris au sérieux en écrivant ce livre. Non pas qu’il ne l’ait pas fait consciencieusement, mais je pense qu’il a aussi et avant tout cherché à se faire plaisir en troussant un récit à la fois divertissant et sérieux, celui-ci n’étant pas exempt d’une certaine morale qui veut que l’union fasse la force et que l’on finit toujours pas payer chèrement ses actes passés, même si c’est en passant par la rédemption. En ne reniant pas une certaine légèreté, un certain humour, contrebalancés par des passages plus travaillés et structurés, Clear livre un récit au final équilibré et propre à emporter le lecteur vers des contrées magiques, gentiment, doucement, amicalement…

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