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Scalpel - Diana Lama

Titre : Scalpel

Auteur : Diana Lama

Éditeur : L’Archipel

Elle a grandi dans une maison exigüe où l’odeur de la lessive se mêlait à celle de la cuisine. Il lui semble que jamais elle n’oubliera cette odeur, bien qu’elle évite soigneusement de penser au passé. Aujourd’hui, c’est une femme expérimentée, une professionnelle très sollicitée. Elle possède une villa sur la colline avec une vue panoramique. Son marié détient des quartiers de noblesse, ses enfants sont inscrits dans la meilleure école privée de la ville. Le passé est loin.

L’Equipe avait été appelée en ville après la découverte du deuxième corps. On l’avait affublée de ce surnom – L’Equipe – un peu vague dans les milieux de la police, car on ignorait en quoi consistaient précisément ses fonctions. On racontait qu’elle disposait de pouvoirs spéciaux et rendait directement des comptes au ministère de l’Intérieur. Ses membres venaient d’ailleurs, on ne savait même pas si c’étaient réellement des policiers ou bien les membres d’un agence spéciale fondée sur le modèle américain.

A partir de ces deux extraits, vous chercherez à déterminer si le problème vient de l’œuvre originale (en italien) ou de la traduction ou des deux.

Mitzi (surnom d’Artémisia) rejoint l’équipe chargée d’enquête sur l’Anatomiste, surnom donné à celui qui enlève des femmes et restitue leurs corps amputés de certaines parties anatomiques, toujours différentes.

Mitzi est elle-même une ancienne victime : enlevée à l’âge de 6 ans par un pédophile, séquestrée pendant 5 ans, elle n’a pu s’échapper qu’à l’âge du 11 ans, sans pouvoir permettre aux autorités policières d’appréhender celui qui a été surnommé « Le Docteur ». En dehors de sévices physiques et psychologiques subis par Artémisia et, semble-t-il d’autres filles, on ne sait pas bien d’où vient le surnom du pédophile qui, malgré les années passées depuis la fuite d’Artémisia, continue à revenir hanter sa vie (elle est devenue psychologue) de temps à autres, pour lui montrer qu’il ne l’oublie pas ! Cet aspect du livre est encore le plus intéressant, l’auteur jouant sur le syndrome de Stockholm avec plus ou moins de réussite.

Le récit de la traque de l’Anatomiste qui, à la demande du chef de l’équipe, va être provoqué par Artémisia au cours de l’émission de télé qu’elle co-présente en qualité de docteur es-psychologie, va par ricochet traquer Artémisia, est somme toute de facture on ne peut plus classique pour ce genre de livre.

Mais comment passer outre le fait que l’équipe d’enquêteurs n’est composée d’aucun policier, qu’exclusivement de psychologues, d’anatomopathologistes, d’un diplômé de physique et de psychologie, d’un autre expert en informatique, droit et architecture… mais qu’ils ont tous des compétences en maniement des armes à feu dont ils sont équipés ?

Comment passé outre le fait que j’ai peiné sur le style ? La quatrième de couverture compare ce livre à ceux de Donato Carrisi… A mon sens, il n’y a pas photo. On aime ou on n’aime pas le thriller, ça ne se discute pas, ne revenons pas là-dessus, mais force est de constater que certains sont beaucoup mieux écrits que d’autres. Ce « Scalpel » pâtit très clairement d’un déficit d’écriture indéniable. Et Dieu sait que j’ai aimé voir adoré d’autres livres publiés par L’Archipel ! Bref, il en va du thriller comme du vin : toutes les bouteilles n’ont pas la même saveur.

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