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frères de terroirs - t2

Titre : Frères de terroirs

Auteurs : Yves Camdeborde et Jacques Ferrandez

Éditeur : Rue de Sèvres

Il y a un tout petit peu plus d’un an, je vous parlais du tome 1 de « Frères de terroirs », dessins de Jacques Ferrandez qui a suivi Yves Camdeborde lors de ses pérégrinations auprès de ses fournisseurs réalisant à cette occasion un petit tour de France des bonne pratiques de culture, d’élevage, de fabrication, etc…

Yves Camdeborde est autant amoureux des produits qu’il travaille que des personnes qui les produisent et de leurs méthodes artisanales. A ce titre, tout comme le premier tome, cette seconde aire (été-automne) vire parfois au manifeste du bon petit producteur artisanal. C’est constant dans les différents métiers et les différentes personnes abordées mais on le sait dès les premières planches, surtout si on a lu le premier tome (hiver-printemps). On n’en tiendra pas rigueur à Yves Camdeborde, c’est sa marotte et il a bien raison de s’y tenir. Tout au plus pourra-t-on reprocher à Jacques Ferrandez de ne pas avoir gommé cet aspect un peu répétitif. Mais il lui sera beaucoup pardonné pour son dessin, toujours aussi parfait, dont les couleurs chatoyantes rendent les portraits et les paysages vivants.

Et c’est bien là le trait de caractère principal de cette BD à deux mains et une bouche : la vie. Nos deux compères rendent compte de leur amour partagé, entre eux et avec les producteurs, de la terre, des bonnes pratiques (sans systématique tomber dans le bio). Du vigneron à l’apiculteur et au pêcheur corses en passant par les producterus béarnais d’où est originaire Yves Camdeborde (boulanger, laitier/fromager, éleveur, volailler,…), il y a plus que de la matière première dans les produits qu’achète et transforme Yves Camdeborde, il y a des femmes et des hommes avec leurs interrogations, leurs envies, leurs angoisses et il y a cette volonté, cette nécessité de transmettre ce qu’ils ont bati.

La question de la transmission, de l’héritage est omniprésente dans ce second tome. Qui pour le céder à ses enfants, qui pour le céder à un ouvrier qui est devenu bien plus que cela, qui pour revendre ses terres à quelqu’un qui saura « entretenir la flamme » de méthodes de production naturelles… L’hyper-industrialisation de l’agriculture ou de l’élevage (peut-être un peu moins dans les vignobles) aseptise et uniformalise les goûts.

Un second tome à la hauteur du premier, parfois répétitf dans le propos mais toujours passionnant, agrémenté de recettes. Ca donne envie de boire et de manger !