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livre de la jongle

Titre : Le livre de la jongle

Auteur : Stéphane De Groodt

Éditeur : Plon

Faut-il encore présenter Stéphane De Groodt ? Je l’ai découvert à l’occasion de ses chroniques sur France Inter il y a quelques années et j’avais été bluffé par sa virtuosité qui faisait passer un travail colossal pour une évidence. Alliant jeux permanents sur les mots pour les couper, les casser, les approximater, les tordre, Stéphane De Groodt, dans un rythme endiablé de diction pourtant claire, livrait des chroniques à plusieurs niveaux de compréhension. Le passage des chroniques à l’écrit permettait d’ailleurs de mieux appréhender certaines approximations qui oralement n’étaient pas forcément évidentes.

Ici, Stéphane De Groodt prend un peu plus de deux cents expressions françaises pour en donner une définition forcément tordue. Et le bougre y arrive en usant de sa technique habituelle et en passant par des chemins à coups sur détournés mais souvent surprenants.

Quelques petits exemples :

« Faire un carton » : c’est ce qui arrive généralement quand un spectacle déménage.

« Arrondir les angles » : un angle est un coin. Deux angles, sont des coins-coins. Arrondir les angles, c’est donc moduler la forme d’un objet en bec de canard, ou quelque chose dans le genre ou dans le Gers si ce sont des oies.

« Maigre comme un clou » : faut être marteau pour avoir la minceur comme obsession, car en général ça tourne au vice.

« Vendre son âme au diable » : déjà, c’est une Faust bonne idée. Quitte à faire des affaires pas très catholiques, pour éviter de tirer le diable par la queue, il est plus judicieux de louer le Seigneur.

« Ça va comme un lundi » : expression tennistique généralement utilisée en conférence de presse entre cinq et set par les joueurs épuisés après dix manches.

Je m’arrête là, vous aurez compris le principe, vous connaissez l’oiseau. Alors c’est forcément inégal sur la longueur (plus de 200 expressions qu’on vous a dit qu’il reprenait, dans le lot y a des faiblesses, c’est humain), c’est parfois très court et un peu frustrant, surtout quand tu as grosso modo une expression par page et de-ci de-là une définition de deux lignes…), mais c’est étonnant, bluffant, drôle, bref tout De Groodt !