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Méfaits d'hiver - Philippe Geroget

Titre : Méfaits d’hiver

Auteur : Philippe Georget

Éditeur : Jigal

Il arrive parfois des trucs dingues. Tu reçois un livre… tu le laisses de côté… sa couverture t’attire… mais le thème, comment dire ?,… moins… Tu te demandes comment l’auteur va réussir à t’intéresser en parlant d’amant, de maîtresse, de trahison, de cocufiage… et le tout dans un polar… Comment va-t-il bien pouvoir réussir ce tour de passe passe ?

Et puis un jour tu te lances. Tu prends le livre, tu l’ouvres et tu te reposes les mêmes questions. Histoire banale d’un flic trompé par sa femme ? Nième histoire de coucherie ? Et puis tout à coup, l’auteur glisse un premier indice que ce livre ne sera pas une sempiternelle redite. Et puis tout à deuxième coup, l’histoire prend une ampleur criminelle à laquelle tu ne t’attendais pas.

Philippe Georget n’écrit pas q’un livre sur l’adultère. Il n’écrit pas non plus qu’un simple polar. Il parvient à parfaitement mélanger et son enquête policière et ses réflexions sur l’adultère, les deux ayant évidemment le même thème. Le tout reste servi par une plume particulièrement fluide au service d’une intrigue rondement menée.

Philippe Georget n’en oublie pas pour autant ses personnages principaux. Au premier rang desquels Gilles Sebag qui en plus d’enquêter sur des drames liés à l’adultère découvre l’aventure extraconjugale vécue par sa femme. A travers Gilles et les différents maris trompés croisés dans le livre, Philippe Georget s’amuse (mais s’amuse-t-il vraiement ?) à cartographier en quelque sorte les différentes attitudes du cocu à l’encontre de sa femme et de l’amant de celle-ci.

Viennent ensuite, dans le désordre, Julie, la petite nouvelle, lesbienne, policière efficace qui saura attendrir Gilles et à lier une relation plus que professionnelle, Molina, le rigolo de service à l’humour lourdingue (à se demander si Philippe Georget n’a pas pris exemple sur moi sans pour autant me connaître, un truc de dingue, je vous disais !) mais très proche également de son chef qu’il vénère plus qu’il ne respecte, Ménard qui ne rêve que d’être vizir à la place du Sebag mais dont les intuitions n’ont pas la force de celles de Gilles Sebag.

On pourra toujours reprocher à Philippe Georget de faire dans la facilité dans le sens où l’intuition, chez Gilles Sebag, précède toujours les indices. Mais il serait dommage de bouder son plaisir et de passer à côté de ce roman tout en nuances et en sensibilité autour d’un thème pas évident et d’une intrigue policière sur l’adultère qui ne paraissait pas non plus gagnée d’avance.

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