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berlin

Titre : Berlin sera peut-être un jour

Auteur : Christian Prigent

Éditeur : La Ville Brûle

Wir sind Berliners

Glané au salon du livre sur le stand des éditeurs indépendants de la Région Ile-de-France (et offert par ma tendre moitié) ce livre est l’occasion d’une flânerie dans un Berlin qui condense en un seul endroit et un seul moment toute son histoire et tous ses lieux emblématiques. C’est aussi l’occasion de rendre hommage aux éditeurs indépendants qui ne bénéficient pas de la surface de promotion des grandes maisons d’édition. De Rue des Promenades à La Ville Brûle, en passant pas Asphalte, Au-delà du Raisonnable et autres Aux Forges de Vulcain, on croise des éditeurs qui ont le sens du travail bien fait, qui se font un point d’honneur d’avoir une vraie relation avec leurs auteurs, bref que des gens sympas. Ceux que je n’ai pas cité m’en voudront forcément, mais bon, j’ai une passoire à la place de la tête.

Pour en revenir au « Berlin… » de Christian Prigent, celui-ci nous livre son Berlin qui ne ressemble peut-être pas au Berlin de tout le monde. Il y a vécu, plusieurs vies, plusieurs fois. Il sait donc de quoi il parle même si sa vision est forcément et férocement subjective puisque passé au prisme de ses souvenirs personnels dans lesquels surgissent les grands moments de l’histoire de Berlin qu’ils soient dans l’inconscient collectif (Kennedy, la chute du Mur, sa construction, etc…) ou dans celui des personnes qui ont vécu Berlin.

C’est donc un Berlin aux multiples formes, mélangeant passé, présent et avenir, qui se dessine sous nos yeux. De par les références (aux lieux, aux périodes, aux personnes) utilisées par Christian Prigent, ce Berlin parlera évidemment plus à celles et ceux qui l’ont déjà pratiqué ou à ceux qui le pratiquent déjà. On n’en ressort pas pour autant étranger à cette ville dont l’auteur nous fait partager les ambiances, les parfums, la vivacité à travers l’évocation de quartiers, d’artères, de lieux culturels, politiques, économiques.

Berlin dans sa diversité et son unicité est un Janus irréconciliable qui parvient malgré tout à regarder son double jumellaire droit dans les yeux… Christian Prigent fait le constat d’un Berlin qui n’a pas encore tourné le dos à son passé, qui hésite encore à finir de la digérer pour passer à l’étape suivante sans le renier mais en l’ayant enfin assimilé.

Un petit plaisir de lecture composé de chapitres qui entremêlent des styles différents, pas toujours heureux, peut-être parce que trop personnels, un peu inégaux mais dont l’ensemble donne envie d’approfondir cette ville. Il manque peut-être une dimension humaine dans la mesure où la part laissé aux berlinois est assez étrangement réduite.

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