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Je vis je meurs - Philippe Hauret

Titre : Je vis, je meurs

Auteur : Philippe Hauret

Éditeur : Jigal

Alea jacta est !

Amateurs de destinées de personnages qui sont appelés à se croiser ou à se percuter, approchez, vous allez aimer ce « Je vis, je meurs ».

D’abord on a Franck, policier, partenaire de Rémi, néo-divorcé, moins néo-dépressif et encore moins néo-alcoolique. Ensuite on a Carlos, petite frappe et dealer, sous surveillance de Franck et Rémi, et son frère Jose qui sort avec Janis, serveuse dans un bar, qui vit sous la coupe violente de Jose et qui se lie d’amitié avec Serge, jeune et pimpant retraité de 62 ans qui retrouve une fougue d’adolescent en tombant amoureux de Janis.

Pour les besoins de son récit, les personnages de Philippe Hauret sont bien trempés dans leurs moules respectifs sans être totalement caricaturaux. Ils sont tous là pour représenter une facette de l’âme humaine que chercher à dépeindre Philippe Hauret. Le caractère dominant et grande gueule qui frappe d’abord et discute ensuite sans voir plus loin que le bout de son nez, en encore le bout du nez c’est loin, le caractère victimisé de la jeune fille un peu paumée qui se rattache à ce qu’elle peut plus par nécessité que par réel amour, le vieux qui cherche une justification à sa vie de patachon pas folichonne qui l’a menée jusqu’à sa retraite sclérosante, le type un peu à la ramasse dont la vie s’effiloche sans qu’il puisse y faire quoi que ce soit et qui décide de se reprendre en main…

Tout cela donne évidemment lieu à quelques étincelles voire explosions à chaque collision entre certains de ces personnages. Ce sont finalement ces chocs à répétition qui donnent le tempo du récit et qui permettent à Philippe Hauret d’aborder chaque cas, chaque personnage en gardant son fil rouge à savoir l’histoire de Serge et de Janis qui canalisent toute l’histoire.

Est-ce crédible ? On s’en fiche un peu en l’occurrence, là ne réside pas le plus important. Le point essentiel se trouve dans ce que veut montrer Philippe Hauret à travers chaque personnage, à travers ses actes et le côté inéluctable de la réalisation de chaque rencontre, seule l’issue étant laissée incertaine jusqu’au bout par l’auteur.

Alors certes, cette forme oblige Philippe Hauret à fermer et cadenasser le récit sans laisser au lecteur de failles possibles, d’alternatives… il emmène et ses personnages et ses lecteurs là où il le souhaite, avec une humanité rare, empreinte de violence il faut bien l’avouer, et une proximité touchante avec ses personnages.

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