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Titre : Frankenstein

T1 : La tour de Frankenstein

T2 : Le pas de Frankenstein

Auteur : Benoît Becker

Éditeur : French Pulp

Ecrivain, fais-moi peur !

Benoit Becker, alias Jean-Claude Carrière, scénariste qu’on ne présente plus, a commis au début des années 50, quelques livres (6 au total, réédités deux par deux par French Pulp) déclinant l’histoire de Frankenstein.

Pour poser rapidement les décors de ces deux premiers livres, l’un se déroule à Kanderley, bourgade reculée de la lande irlandaise. Helen, jeune femme en vacances dans sa famille, se trouve confrontée à une série de morts et une étrange tour qui l’attire indéfectiblement et l’entraîne sur les chemins de sa potentielle perte. L’autre se déroule sur une île où un savant fou tente de donner à la créature de Frankenstein une épouse dans le but de provoquer la future perte de l’humanité.

Il y a entre ces livres des points communs et des particularités.

Au rang des particularités, le premier livre base ses ressors dramatiques sur les superstitions d’une communauté, sur la rumeur et sur la peur de l’inconnu. Le deuxième livre se fonde sur un huis clos, sur l’isolation (l’action se déroule sur une île, coupée du monde, ravitaillée par les corbeaux et quelques rares bateaux).

Si le premier livre cristallise son histoire sur le monstre Frankenstein (même si la figure de Vrollo qui cherche à se venger de l’humanité est prégnante), le deuxième volet se concentre sur la figure du scientifique qui se pose en démiurge pour aboutir finalement sur un questionnement commun : où se situe la monstruosité ? qui est le monstre dans l’histoire ?

Au rang des points communs, les deux histoires s’articulent autour d’une figure féminine plus ou moins fragile (jeunesse d’Helen, veuvage de la jeune Mary et pureté de caractère des deux). Ces figures féminines servent de catalyseur et d’intermédiaire au dénouement des récits. Elles fonctionnent comme une des rares source de lumière et d’espoir dans les récits de Benoit Becker.

L’autre point commun, et la très grande force de Benoit Becker, est de parvenir à déclencher l’angoisse et le suspens à partir d’un non-dit, d’un sous-entendu. A partir de ce silence qui opère comme une chape de plomb, les causes restant obscures (façon « il s’est passé quelque chose ! », oui mais quoi), le suspens peut durer au gré de l’auteur. Et la seconde très grande force de Benoit Becker est de parvenir à maintenir la tension tout au long de son récit sans jamais la relâcher.

French Pulp continue à « déterrer » des petites pépites, dans des genres variés, pépites qui avaient perdu de leur éclat, oubliées depuis plusieurs décennies. Merci !

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