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Titre : Dompteur d’anges

Auteur : Claire Favan

Éditeur : La Bête Noire

Ne soyez pas déchus !

Max Ender est accusé à tort du viol et du meurtre d’un petit garçon avec lequel il s’est lié d’amitié. Condamné à perpétuité, il vit un enfer en prison avant d’être innocenté au bout de quelques années.

Son séjour carcéral l’a profondément transformé. Marqué dans son être par les sévices et les agressions, il a profité de son emprisonnement pour s’instruire et se former à la psychologie. Dans un but bien précis… celui d’ourdir sa vengeance envers les responsables de sa déchéance autant physique que morale. Cette vengeance prendra la forme de l’enlèvement des enfants de ses « bourreaux » (policier, juge et maton) pour les transformer en « armes de destruction massive » dirigées à la fois contre les pères des enfants et contre la société.

Premier temps fort du roman : la reprogrammation psychologique des enfants pour les couper de leurs racines, de leur mémoire et les manipuler pour en faire ses jouets. Le bourrage de crâne violent auquel procède Max Ender, la manipulation/programmation des esprits des enfants enlevés par Max, sont savamment orchestrés, pensés, réalisés… avec l’aide d’une paumée qui tombe sous son charme. Ender… vous avez parlé stratégie ?

Deuxième temps fort du roman : la rébellion du « fils » séditieux et donc le grain de sable qui va venir perturber le plan machiavélique de Max. Claire Favan va alors nous projeter plusieurs années plus tard. Un des pions créés par Max a réussi à s’émanciper et tente de mener une vie presque normale… presque puisqu’il reste malgré tout marqué par son remodelage psychologique et avant tout violent.

Comble de l’ironie, ce « fils » maudit embrasse une carrière de policier avec un succès certain.

Malheureusement, ou fort heureusement pour le lecteur, le passé ne se fait jamais oublier gratuitement et il revient en pleine face de tous les protagonistes.

Troisième temps fort du roman : Claire Favan parvient à rendre sympathique un type violent, sanguinaire, sans scrupule qui a pleinement conscience des notions du Bien et du Mal mais qui parvient, en équilibriste, à (ré)concilier son passé et le présent qu’il se construit par omission. Une vie construite sur une succession de mensonges ne peut que s’avérer au mieux que bancale et au pire suicidaire.

Quatrième temps forts du roman : Claire Favan parvient à tisser admirablement son histoire en faisant coïncider ses différents fils narratifs tout en parvenant à réserver au lecteur quelques retournements de situation qui pour être parfois cousus de fils blancs n’en proposent pas moins une lecture particulière de la morale. Au final, chaque personnage, pour ceux qui survivent à l’histoire, conserve une liberté d’action et de choix par rapport à sa propre morale.

Une excellente lecture qui sort du lot dans le domaine du thriller.

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