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Titre : La ferme du bout du monde

Auteur : Sarah Vaughan

Éditeur : Préludes

To the end of the world… and beyond

Nous sommes principalement en Cornouailles, à la fois en pleine Seconde Guerre Mondiale et au début des années 2010. Sarah Vaughan dresse le portrait de trois générations de femmes de la même famille, liées par un secret. Trois générations… pas vraiment, en fait : seules les générations de la grand-mère et de la petite fille sont réellement concernées. La génération de la mère, par sa présence sur le site de la ferme et le rôle joué par la disparition du père, est partie prenante à l’histoire mais n’y joue pas de rôle essentiel. Elle est là pour faire le lien entre la grand-mère et la petite-fille et perpétuer la tradition du secret familial de génération en génération mais le récit pourrait s’en passer.

On découvre assez rapidement que le secret de la grand-mère réside dans un amour de jeunesse contrarié par l’arrière-grand-mère (sa mère donc) dans la mesure où cet amour concernait sa fille, héréditairement propriétaire terrienne, et un adolescent venu de Londres pour se protéger des bombardements subis par la capitale anglaise.

Naissance, mort, séparation, regrets, amours, qu’en-dira-t-on, expiation, réconciliation sont au cœur de ce récit dont les Cornouailles servent de décor. L’aspect de ce décor naturel change au gré des fluctuations des humeurs ou des atmosphères du récit sans que l’on sache très bien si c’est l’environnement qui influence les protagonistes ou l’inverse.

Ce huis clos fonctionne bien, Sarah Vaughan parvenant à rendre compte des humeurs et des oscillations de ses personnages mais il manque un petit quelque chose pour rendre le tout parfaitement réalisé, une petite alchimie qui ne se fait pas. Peut-être un peu parce qu’on n’arrive pas à apprécier de la même manière au même moment les récits se déroulant aux deux époques concernées.

Soit la narration des événements du 20° siècle touchent le lecteur et ceux du 21° siècle perdent en profondeur et paraissent plus superficiels, soit c’est l’inverse… Cette sensation de ne pas être en symbiose permanente entre les époques perturbe forcément un peu la lecture.

En fait, je crois que l’histoire de la sauvegarde de la ferme familiale et des tensions avec l’oncle Richard est de trop. L’histoire aurait pu et du se concentrer sur celle de la grand-mère et de son secret qui trouve une conclusion, heureuse ou pas ? ce sera au lecteur de se faire son opinion, 70 ans plus tard. C’est ce laps de temps qui crée et fait toute la valeur des sacrifices consentis par les protagonistes les plus âgés du récit.

En dehors de ce bémol, Sarah Vaughan, pour son second livre, s’en tire plutôt bien. Après, pour avoir pu assister à une rencontre avec l’auteur et avoir lu ce livre, je comprends quand même pourquoi nous n’étions que deux êtres humains de sexe masculin à cette soirée au demeurant très réussie. Il me tarde tout de même de me lancer dans le premier opus, dont je me suis procuré la VO.

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