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Titre : Un corse à Lille

Auteur : Eléna Piacentini

Éditeur : Au-delà du raisonnable

Il était une fois… gottferdam !

Ça fait toujours quelque chose d’assister à la naissance de quelque chose… surtout quand il s’agit de celle de Pierre-Arsène Léoni et même si on l’a déjà vu faire ses premiers pas ou entendu dire ses premiers mots.

« Un corse à Lille » marque donc le début des aventures de Pierre-Arsène Léoni, personnage récurrent d’Eléna Piacentini dont j’avais découvert les activités policières à travers « Des forêts et des âmes » (6ème aventure) et « Aux vents mauvais » (7ème aventure). La sortie chez Au-delà du raisonnable de ce premier tome marque la ré-édition des trois premiers tomes qui étaient épuisés chez leur précédent éditeur. Un peu de chronologie ne faisant jamais de mal, voici les titres dans l’ordre :

  • Un corse à Lille
  • Art brut
  • Vendetta chez les Ch’tis
  • Carrières noires
  • Le cimetière des chimères
  • Des forêts et des âmes
  • Aux vents mauvais

Elena Piacentini met donc ici beaucoup de choses en place même si certaines sont vouées à disparaître pour être remplacées par d’autres, notamment en terme de personnages récurrents et membres de l’équipe de Pierre-Arsène Léoni.

Léoni débarque donc à Lille, lui le corse d’origine, quittant un poste dans le sud de la France pour des raisons obscures, à tout le moins quand débute ce roman. Il amène dans ses bagages Mémé Angèle qui est toujours lilloise après sept récits malgré sa corsitude invétérée.

Elena Piacentini ne perd pas de temps avec son lecteur : les caractères bien trempés des personnages, de Léoni à Mémé Angèle en passant par les membres de son équipe d’enquêteurs sont abordés bille en tête et sans concession. On cerne rapidement qui est qui même si Elena Piacentini prend un malin plaisir à commencer à distiller quelques informations sur la vie privée de certains personnages qu’elle développera ou réutilisera dans les histoires qui suivront.

De facture très classique, avec deux enquêtes, ce roman pose toutefois les bases de ce que sera Léoni et de ce que seront ses aventures. Rien de révolutionnaire donc, mais la forme et le fond sont parfaitement maîtrisés. Elena Piacentini prend plaisir à faire évoluer ses personnages au sein de ses récits et enquêtes pour leur donner du relief, leur mitonner de vraies relations entre eux qui peuvent aller au-delà de la simple relation professionnelle. Les personnages sont en symbiose entre eux, avec leur marionnettiste d’auteur et leurs lecteurs.

On y trouve déjà chez Léoni une droiture et une honnêteté, dont il a ses propres définitions, qui le font parfois prendre des chemins de traverses avec la légalité. Seul le résultat compte avec Léoni, mais l’objectif est toujours moralement en adéquation avec ses principes. Cela n’en fait pas pour autant un super héros, ni un anti-héros pour le coup, il reste un personnage hautement et profondément humain.

Et puis on y trouve aussi déjà Mémé Angèle, l’unique, la seule, la vraie. Ses plats et ses passions (Leoni et la Corse) ont le fumet et le goût de l’authenticité.

Eléna Piacentini nous livre une recette pas tout à fait complète, simplement la liste des ingrédients de base. Ses petites recettes et autres trucs et astuces de grand-mère, elle les garde encore pour la suite des aventures de Léoni !

(Toute utilisation de termes ayant trait à la cuisine n’est absolument pas fortuite. Toutefois, la maison tient à préciser qu’aucune plaque de cuisson n’a été martyrisée pendant la lecture du livre ou l’écriture de ce billet).

Je ne peux plus parler de découvertes concernant Léoni et Eléna Piacentini mais de retrouvailles pour l’instant toujours aussi heureuses. Allez, savourez avec moi…

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