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Titre : Vermines

Auteur : Romain Martin

Éditeur : Flamant Noir

Arnaud Vallaud contre le reste du monde

Commune de Bourganeuf dans la Creuse. Arnaud Vallaud est taxidermiste. Son chien, qui partage sa maison depuis une semaine, se retrouve mort, écrasé par l’armoire de sa chambre. Ça tombe plutôt bien, il ne l’aimait pas ce chien. Ce qui tombe plutôt moins bien, pour utiliser un euphémisme, c’est l’enchaînement de la suite des événements…

Arnaud Vallaud est un personnage détestable… et que l’on déteste aimer. Il aurait pu s’appeler Arnaud Sallaud, par homonymie !

Ce salaud-là, pardon, ce Vallaud-là passe de l’état de bourreau (envers ses parents, envers son « associé » dans son affaire de taxidermie, un pauvre hère sans intérêt pour Arnaud en dehors de la propriété qu’il détient sur le local servant à son affaire de taxidermie, envers Pénélope Clarence, la voisine de la boutique qu’il a renversée avec la voiture de son associé sans aucun remords) à l’état de victime : le cadavre de son chien disparaît, son armoire retrouve sa place initiale, un inconnu le filme dans sa maison. Arnaud décide de passer de la défense à l’attaque et met au point un plan qui le mènera, lui et sa clique, vers un avenir ubuesque et forcément féroce.

Romain Martin possède un indéniable sens de la formule, du dialogue et des situations. Son « Vermines » se lit de façon très fluide : un style efficace, une histoire bien menée, une évolution des situations qui va de mal en pis, des personnages qui sont prisonniers, malgré l’impression qu’ils tentent de donner, de ces événements qui leur échappe même si leurs réactions les font évoluer bizarrement. Il tient en tout cas ses promesses sur deux bons tiers avant de baisser un peu de rythme et de finalement le récupérer sur les dernières pages qui permettent à l’auteur de présenter à son lecteur les tenants et aboutissants de son récit… ceux que le lecteur n’a pas forcément vu et surtout ceux qu’Arnaud Vallaud n’a pas plus vu venir.

Si on se doute quand même un peu que le récit n’a pas livré tous ses secrets et que certains personnages n’ont pas encore bénéficié de toutes les lumières qu’ils méritent et qu’il y aura forcément un rebondissement, Romain Martin ménage bien ses effets mais ne peut éviter le piège du happy ending. Bon, ne comptez pas sur moi pour vous dire si le happy ending est pour Arnaud Vallaud ou pour le reste du monde, c’est à vous de le découvrir.

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