Étiquettes

, , , , , , , , ,

Titre : Le mur dans la peau

Auteur : Luce Marmion

Éditeur : Pavillon noir

Fais graff’ à toi !

Ce « Mur dans la peau » marque le retour d’Adrien Magadur pour une seconde aventure après « Le vol de Lucrèce ».

Magadur, détective privé de l’agence Dommersy, est contacté par une ancienne amie d’enfance (c’est un peu plus compliqué que cela mais pour une chronique, ça suffira !), galeriste, dont la colocataire a mystérieusement disparu. Le détective, autant au nom du passé que du chèque que fait la demoiselle à son patron en plus de lui avoir tapé dans l’œil, prend en charge une enquête qui va impliquer plus que de raison sa coéquipière et la fille de celle-ci.

Parallèlement, Luce Marmion nous propose le personnage d’un graffeur de génie et dont le génie rime aussi avec folie : il crée ses œuvres sur du cuir humain (je vous laisse deviner où et comment il se le procure) avant de les coller à des endroits stratégiques de Paris.

Posons tout de suite que Luce Marmion n’échappe pas au jeu des coïncidences. Oui, il faut que la jeune femme qui consulte Adrien Magadur soit galeriste. Oui, il faut que la fille d’Alice Sommeville soit fan des arts de la rue et graffeuse à son heure, talentueuse qui plus est. Oui, il faut que le graffeur fou rencontre la fille d’Alice et tombe amoureux d’elle.

Ce qui plait dans le livre de Luce Marmion réside dans cet intérêt sans borne qu’elle semble éprouver pour l’art. Ce n’est pas un hasard que le premier traite du vol d’œuvres d’art et que celui-ci tourne autour du monde des graffeurs. Après avoir tâté d’un certain art plutôt classique, elle s’attaque à de l’art contemporain et qui plus est éphémère.

Luce Marmion s’empare également subtilement de la relation qui se noue entre Marie, la fille d’Alice et le graffeur. Cette passion, réciproque, sème la panique dans l’esprit du tueur fou tiraillé entre le bien-être procuré par la présence physique de Marie à ses côtés et la possibilité qu’elle lui offre de parachever son grand œuvre.

Et puis, Luce Marmion aborde avec tendresse le personnage de Marie. Elle a l’âge malléable des jeunes qui peuvent encore suivre leur cœur plutôt que leur tête : elle offre une liberté narrative à Luce Marmion dont elle se sert à merveille.

On sent que Luce Marmion s’est améliorée entre les deux livres et on retrouve ses personnages récurrents avec plaisir. Et on se dit aussi qu’elle peut encore s’améliorer…