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Titre : Ma voix est un mensonge

Auteur : Rafael Menjivar Ochoa

Traduction : Thierry Davo

Éditeur : Quidam

Sur la voix de la rédemption

Tout est question de voix et de voies.

Un narrateur de feuilletons radiophoniques du Salvador des années 1970 se retrouve au chômage. Il erre un peu comme une âme en peine à la suite du décès d’une de ses collègues et seule amie du narrateur. Par un coup de pouce du destin et de son patron, il retrouve un job particulier : mettre sa voix à la disposition de services spéciaux pour prendre la place d’un homme mort et impliqué dans une affaire d’enlèvement politique qui a tourné au fiasco.

Ce qui marque dans ce roman est la concision dont parvient à faire preuve l’auteur pour faire monter la sauce de son roman noir autour de la personnalité du narrateur dont on ne connait que la voix : celle qui raconte l’histoire et celle qui fait de lui le personnage central de ce roman.

Avec une économie d’effets, de mots, de scènes, de tout…, Rafael Menjivar Ochoa livre un roman aussi dense que noir et, il faut bien le dire, efficace. Le lecteur vit les mêmes événements que le narrateur et bénéficie des mêmes raccourcis et informations que lui pour se faire son idée des tenants et des aboutissants. Force est de constater qu’on est content de n’être qu’en position de lecteur et pas à la place du narrateur qui se retrouve dans une position alambiquée : à la recherche d’un travail, il est contraint d’accepter un rôle de faussaire et de prêter autant sa voix que son physique à un opposant au régime qui l’emploie de manière ponctuelle.

Dans cette sorte de régime, finalement, chacun survit comme il peut plus qu’il ne vit réellement. La pression gouvernementale, policière, sociétale est un vrai étouffoir à personnalité. Le narrateur tente alors malgré tout de conserver une voix à part dans ce déchaînement de folie à tous les étages. La voix du narrateur tente alors de prendre la voie d’une certaine moralité ou honnêteté…

Tout se mélange dans ce récit en forme de coup de poing : vérités et mensonges s’entremêlent pour mieux perdre le lecteur qui ne sait plus qui est honnête et qui ne l’est pas, qui est vraiment acteur et qui ne joue pas la comédie (ou le drame), qui incarne un rôle et qui joue le sien…

Bref, si je ne vous ai pas convaincu, allez faire un tour chez Charybde, il en parle bien aussi (surtout) : https://charybde2.wordpress.com/2018/04/15/note-de-lecture-ma-voix-est-un-mensonge-rafael-menjivar-ochoa/