Étiquettes

, , , , , , , , ,

Titre : La lumière est à moi

Auteur : Gilles Paris

Éditeur : Gallimard

N’éteint pas la lumière, mais montre-moi ton côté sombre

19 nouvelles écrites par Gilles Paris dans lesquelles on retrouve les thèmes de prédilection de l’auteur avec le style de prédilection de l’auteur. Le style de Gilles Paris bénéficie d’une sorte de pureté, de simplicité d’écriture au service des propos de l’auteur : sans artifice inutile, tout comme les histoires racontées, le style porte les interactions entre les personnages de Gilles Paris.

L’enfance et le passage à l’âge adulte sont au cœur de ces nouvelles qui proposent, sous la plume de Gilles Paris, comme autant de flashs qui permettent de visualiser les contextes qui sous-tendent les histoires. On situe parfaitement les scènes, on imagine sans souci les décors où les personnages s’activent avec plus ou moins d’indolence. On se figure les mers étales, les ciels d’un bleu limpide où passe un nuage perdu, on sent le vent dans les arbres comme s’il passait sur notre propre visage. Et derrière, point la douleur des personnages, leurs malaises, leur mal-être, leurs déceptions.

Il y a aussi dans certaines des nouvelles de ce recueil une petite dose de fantastique, de surnaturel. Cela permet à l’auteur d’instiller un peu de tension… d’autant plus qu’il rajoute aussi, par-ci par-là, une dose de méchanceté, de noirceur, inhérente à la jeunesse mais aussi à l’âge adulte, inhérente à l’âme humaine, en fait.

Il y a comme un grand écart qui se fait entre d’un côté l’ambiance générale des nouvelles, posée, calme, et les personnages, sources d’un bouillonnement émotionnel intense. Cette dichotomie est le petit ingrédient secret des nouvelles de Gilles Paris qu’on prend un plaisir non dissimulé à lire. Ce recueil pourrait faire penser à une main de fer dans un gant de velours : une gangue de sensibilité englobe un fond plus sombre qu’il n’y parait. Une bien belle lecture qui n’oublie pas d’allier mélancolie et espoir.