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Titre : Je suis un guépard

Auteur : Philippe Hauret

Éditeur : Jigal

La femme est un guépard pour l’homme

Lino vit une petite vie miséreuse dans un logement qui serait le croisement d’une chambre de bonne et d’une studette sous les combles. Lino travaille dans un petit travail miséreux qui serait le croisement de la solitude et de l’ennui. Il croise la route de Jessica, SDF qui squatte son palier et qu’il finit par inviter chez lui et avec qui il noue une relation amoureuse.

Jessica croise la route de Melvin, propriétaire richissime de boutiques de vêtements de luxe qui offre une chance à Jessica qui va s’engouffrer dans la porte ouverte par Melvin et en abuser.

Jessica, c’est le détonateur sur lequel Philippe Hauret appuie pour dynamiter les vies de Lino et de Melvin jusqu’à provoquer une explosion finale violente, âpre, suivie de la retombée de la pression qui est montée petit à petit tout au long du récit. Jessica est celle par qui les protagonistes expriment qui sa violence qui ses pulsions sexuelles.

Le texte de Philippe Hauret est de facture assez classique et convenue tant dans sa forme que dans sa structure. Mais tout cela est écrit intelligemment, par briques successives, dévoilant au fil de l’histoire la violence des uns, le côté écorché vif des autres, leurs lâchetés, leurs courages, leur générosité, leurs envies. Tous les petits aspects de la nature humaine qu’ils soient positifs ou négatifs.

Mais Philippe Hauret reste un indécrottable, mais tout relatif, optimiste. D’un côté, il n’accable aucun des quatre personnages principaux de son histoire (en incluant Charlène, l’épouse de Melvin) : il y a une sorte de rédemption possible pour chacun, à des niveaux différents, en tout état de cause la possibilité de continuer à avancer dans le statut quo ou dans le changement. Mais d’un autre côté, il n’accorde pas la même planche de salut à chaque protagoniste. Chez Philippe Hauret, tout le monde n’est pas égal devant la vie.

Cette absence de manichéisme et le fait que tout ne soit pas ou tout blanc ou tout noir rend le récit fatalement humain dans tout ce que cela comporte de grandeurs et de bassesses. De quoi vibrer pour cette vie, de quoi aimer ou détester ces personnages.