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Titre : Braquo sauce samouraï

Auteur : Johan Zarca

Éditeur : Fleuve Noir

Y’a comme une couille dans la braquage…

Prenez quelques spécimens de bras cassés, et pour tout dire irréparables, rajoutez un pseudo pote qui ne pense qu’à braquer deux frangins de la pègre et vous aurez une histoire à la Pieds Nickelés.

Le Mec de l’Underground, associé à Mayo Kid et à sa sœurette, se voit présenter par Lakhdar un plan d’une simplicité biblique, et donc totalement foireux de par le caractère même des protagonistes, pour braquer deux parrains à leur domicile, leur voler la recette du jour et se barrer loin pour enfin profiter d’une vie de glandeur bien méritée.

Branquignoles, nos trois lascars et la frangine du Mec le sont assurément. Constamment sous acide ou sous alcool, le frère et la sœur ne communiquant qu’à coup d’insultes, les deux autres compères n’étant cela dit pas en reste, Mayo Kid décrochant, lui, la palme du mec le plus con de Paname, l’échec du braquage ne fait jamais le moindre doute.

Cette petite formalité tout à la fois lamentablement et magistralement foirée par les quatre compères, démasqués par les deux frères braqués, s’ensuit une fuite en avant qui ne peut pas ne pas finir dans une apothéose d’erreurs, d’actes manqués, de foirages plus désopilants les uns que les autres, dans une sorte de surenchère dont on se demande jusuq’où elle peut aller.

Si le lecteur n’est jamais dupe de la connerie abyssale affichée par les zozos qui se piquent de grand banditisme, eux-mêmes sont tellement azimutés qu’ils ne se rendent jamais compte de la futilité de leurs actes désespérément voués à l’échec. Le ressort comique passe donc aussi bien par les situations dans lesquelles Johann Zarca plonge ses protagonistes que par le caractère même des dits personnages.

Johann Zarca ne se prend pas au sérieux dans ce récit débridé mais conserve toute sa verve entrevue dans ses précédents romans. Son langage reste avant tout forgé d’argot et d’images plus ou moins fleuries… les effluves enivrantes en moins, en dehors de celles des nombreuses quantités d’alcool ingurgitées et de celles des nombreux pétards allumés !

Bref on s’amuse à lire ces aventures délurées autant que l’auteur à les écrire. La seule question qui reste en suspend est la suivante : l’auteur était-il aussi alcoolisé et shooté que ses personnages en écrivant ?