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Titre : I am vampire

Auteur : Romain Ternaux

Éditeur : Aux Forges de Vulcain

Am ail ?

Tu aimes les vampires ? Tu aimes les délires qui partent dans tous les sens ? Tu aimeras Romain Ternaux…

Bertrand est un artiste « maudit », que le succès fuit à peu près avec la même intensité que l’argent. Pour ce qui est de l’amitié, il peut compter sur celle de Yann, à la fois soutient moral, physique et monétaire du grand artiste incompris.

Bertrand, en plus d’être imbu de lui, en plus d’être un abominable profiteur, en plus de considérer les autres en tant qu’êtres inférieurs, ne trouve rien de mieux que de développer, à l’occasion de crises de colère outrancières, des pouvoirs surnaturels. De ceux qui collent avec les stéréotypes du vampire. Serait-il en train d’en devenir un lui-même ? D’autant qu’un mécène roumain s’intéresse à ses œuvres.

De décapitations en outrances de plus en plus exagérées, la vie de Bertrand part littéralement en sucette. A partir de là, Romain Ternaux peut tout se permettre et ose tous les excès narratifs. C’est donc totalement délirant, totalement fou et totalement débridé.

Mais il n’y a pas que cela.

Au premier rang des points d’intérêt du roman, il y a l’utilisation que fait Romain Ternaux de l’art et de la nature même de la création. Les œuvres de Bertrand semblent influencés par un carnet qui a appartenu à son grand-père et dont il se rend compte qu’il comporte des croquis et des dessins qui ressemblent étrangement à ses propres productions, peintures torturées à la Jérôme Bosch. Bertrand a d’ailleurs un regard particulièrement critique sur la production contemporaine artistique. De la production torturée de Bertrand à celle qu’il critique, se pose la question de l’inspiration, de la frontière entre l’inspiration et la folie, de la valeur de l’art. La question se pose plus dans l’esprit du lecteur que vraiment dans le récit.

Par contre, de manière très nette dans le récit de Romain Ternaux, apparaît un aspect très intéressant du roman de Romain… Dans la littérature, la figure du vampire bénéficie d’un traitement en général plus « noble » que celle réservée à Bertrand. Le vampire, par son immortalité, se trouve généralement délié des vicissitudes d’une vie humaine. Romain Ternaux offre à son personnage, bourré de défauts typiquement humains, une nature vampirique sans le départir de ses défauts. Le mélange en ressort aussi étonnant que détonnant. Et confère au livre une grande partie de son intérêt.