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Titre : La déclaration – Tome 1

Titre : La résistance – Tome 2 (SP)

Auteur : Gemma Malley

Traduction : Nathalie Peronny

Éditeur : Hélium

Eu-génie-sme perpétuel ?

Trilogie, dont le tome 1 (« La déclaration ») est sorti chez Hélium en 2018 (nouvelle édition) et dont le tome 2 (« La résistance ») sort ces jours-ci, l’histoire de Gemma Malley se situe dans un pays déterminé, l’Angleterre, à une époque futuriste dans laquelle les êtres humains ont choisi la vie éternelle au prix du renoncement à l’enfantement. Cette « longévité » s’acquiert à grand renfort de pilules.

Certaines personnes ont pourtant fait le choix de procréer en dehors des règles (il est possible de le faire en renonçant à l’éternité sur le principe d’une vie contre une autre). Tel est le cas des parents d’Anna. Anna est donc une « Surplus », dont l’existence même est illégale, qui se retrouve en maison d’éducation, retirée à ses parents, pour y être formaté afin de devenir « Utile », c’est-à-dire finir au service d’une personne ayant conservé son immortalité et rembourser ainsi en quelque sorte la dette souscrite par ses parents vis-à-vis de la société. Ainsi en va-t-il du destin de tous les « Surplus ». A coup de lavage de cerveau, de conditionnement, de brimades, les autorités pourchassent les enfants illégaux et les transforment en esclaves serviles.

C’est le chemin que prend Anna jusqu’à l’apparition de Peter qui semble réveiller quelque chose jusqu’alors profondément endormi en elle. Un sentiment d’injustice prend forme dans l’esprit d’Anna, de rébellion, de révolte.

Si le premier tome est très tranché dans la manière d’aborder les tenants de la Longévité et ses détracteurs, le second est moins manichéen, moins tranché et plus en nuances.

Dans le premier volet, Anna et Peter sont immergés dans une institution visant à les éduquer. Peter s’est laissé prendre pour pouvoir contacter Anna et la faire échapper. Ils sont en prise directe avec les agissements de l’encadrement de l’institution les accueillant, en prise directe aussi avec ceux chargés de les pourchasser suite à leur évasion (attention petit spoiler mais léger). La dureté, la méchanceté, la perversité de ces fervents défenseur de la Longévité saute aux yeux.

Dans le second volet, Anna et Peter, sortis de l’institution et devenus légaux après maintes péripéties sont plus ou moins intégrés à la société qui les avait précédemment bannis. Ils découvrent alors l’autre côté du miroir, l’autre versant de la montagne qu’ils ont décidé d’abattre. L’opposition entre les deux camps est moins tranchée et le personnage du grand-père de Peter permet d’introduire un contre-discours pro-Longévité là où le premier volet était clairement anti-Longévité.

Le résultat des courses n’en est pour autant pas bouleversé du tout au tout mais le fait d’argumenter à la fois pour et contre la Longévité donne plus de corps au discours et propos avancés par les anti-Longévité.

L’histoire reste ceci étant dit clairement orientée en faveur des révoltés et des anti-Longévité. Les exactions commises par les défenseurs de la Longévité conservent un aspect arbitraire et injuste, indéfendable moralement. Que cela soit d’ailleurs par rapport aux expérimentations médicales auxquelles procède la société anglaise productrice des pilules de Longévité ou aux déploiements de force et de violence opérés par cette même entreprise ou par les autorités directement.

Le rapport de force s’équilibre et si celui-ci était nettement en faveur des pro-Longévité dans le tome 1, les anti-Longévité gagnent en pouvoir de persuasion et en partisans dans leur lutte pour un retour en arrière en faveur d’une société plus « naturelle » qui laisserait les gens naître… et mourir.

L’interventionnisme étatique, sa soumission aux lobbys aussi industriels que pharmaceutiques (la différence est ténue), l’autoritarisme grandissant des gouvernements, l’utilisation de la politique de la peur et de la répression sont autant de thèmes évoqués par ces récits d’anticipation parfaits pour de jeunes têtes blondes.