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Titre : La fin

Auteur : Mats Strandberg

Traduction : Sophie Rèfle

Éditeur : La Belle Colère

La fin du monde justifie les moyens

Une comète va entrer en collision avec la Terre et anéantira celle-ci. Plus aucune vie ne persistera à sa surface. La catastrophe est inéluctable, ne laissant que quelques mois aux êtres humains pour se préparer à ce qui va arriver. Au milieu de cette foule, Simon et Tilda forment un tel couple fusionnel que quand Tilda décide leur séparation, ajoutant à cela une folle course en avant vers son auto-destruction, Simon perd tous ses repères, jusqu’à la disparition de Tilda. Celle-ci le rapprochera toutefois de Lucinda, une ancienne amie de Tilda.

Le récit se déroule selon deux fils narratifs : l’histoire racontée par Simon et celle écrite par Lucinda sur TellUs, une plateforme de libre expression destinée à être envoyée dans l’espace dans l’espoir qu’un jour quelqu’un les trouve et prenne connaissance de ce que fut une partie de l’humanité.

Simon et Lucinda sont deux adolescents paumés. L’un est dérouté par l’abandon de Tilda, l’autre vit recluse, souffrant d’un cancer incurable. Ces deux destins, appelés à disparaître avec le reste de l’humanité, vont pourtant s’aider l’un l’autre et trouver un sens à leurs derniers jours. Tout l’enjeu du temps qu’il leur reste n’est pas tant de découvrir ce qui est arrivé à Tilda, de déterrer quelques secrets de famille bien enfouis, mais bien de faire en sorte que ce temps passé ensemble les complète, les prolonge, qu’ils se répondent et s’assemblent : la somme de leurs individualités va au-delà de leurs propres personnalités.

Mats Strandberg s’attache à deux personnages centraux uniquement. Et ce faisant, il évite de se perdre dans trop de détails, dans trop de circonvolutions. Le point de vue de Simon et de Lucinda lui permet malgré tout de parler de leurs entourages, amicaux et familiaux. C’est au sein des cercles familiaux que les plus lourds secrets sont exhumés, qu’ils forgent les carcans les plus étouffants. Et c’est parmi les amis que les libérations se font le plus volontiers, où l’on se libère des carcans de la société et de ceux imposés par les autres et leurs regards.

L’écriture de Mats Strandberg rend tout cela touchant, sans pour autant sombrer dans le pathos le plus pathétique ou le plus sordide. Malgré la fin inéluctable de toute vie, cette « Fin » est empreinte d’un incoercible espoir porté avant tout par les deux adolescents. Cette « fin » met le lecteur devant ses propres choix, ceux qu’il peut prendre volontairement tant qu’il n’est pas mis en demeure par la vie de les faire !