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Titre : L’ultime mystère de Paris

Auteur : Bernard Prou

Éditeur : Anne Carrière

Alchimie scientifique

« L’ultime mystère de Paris » est un livre un peu foutraque mais pas dénué d’intérêt. Ce dernier vient peut-être d’ailleurs de cet aspect brouillon qui part dans tous les sens. Il ne laisse pas de place à la moindre temporisation. Le lecteur poursuit les personnages sur les traces de Bernard Prou.

Il y a Ernest Bourbaki, surveillant d’un lycée d’Alger, et Philippe Courtillac, professeur de physique de ce même lycée, tous deux devenus amis par delà les apparences et les inimitiés de leurs « peuples ». Il y a Léonard Courtillac, le fils de Philippe, Oreste Bramard, Michel Garousset et Stefano Benvenuto, ses amis et acolytes au-delà des années, par delà les frontières, réunis à Paris, tous francs-maçons.

Il est ainsi question dans ce roman d’amitiés plus fortes que tous les événements politiques, que toutes les kabbales, que toutes les recherches autour de la transmutation de la matière en or, que tous les aléas de la vie.

Il est question d’essais nucléaires, il est question d’alchimie, il est question de textes sacrés, il est question de responsabilité envers l’humanité, il est question de bien et de mal, il est question de rites secrets, il est question de respect, il est question de solidarité.

L’habileté de Bernard Prou est de mêler, pour une fois, science et alchimie et de ne pas les opposer. La science vient au service des superstitions et des croyances pour les prouver, pas pour les annihiler.

L’histoire n’a bien entendu, vous l’imaginerez aisément, aucune cohérence ou crédibilité mais cela n’a que très peu d’importance ici. Seul reste le plaisir de se voir décrit les rites francs-maçons, ce que l’auteur fait avec un respect qui transparaît tout au long du récit, le plaisir de se perdre dans les sous-sols de Paris qui n’aura pas fini de nous livrer ses nombreux secrets.

Au final, une question demeure, à laquelle l’auteur répond mais à laquelle nous devrions tous devoir répondre : que ferions-nous si nous détenions une découverte qui pourrait révolutionner le monde ? Que ferions-nous si nous pouvions saborder le capitalisme sans savoir si ce qui en surgirait serait meilleur ou pire que le passé ?