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Titre : Tempêtes

Auteur : Andrée A. Michaud

Éditeur : Rivages

Une cabane, une forêt… des tensions

Cela fait un peu bateau de dire qu’un livre est parfois avant tout une histoire d’atmosphère. C’est pourtant bien le cas ici. La couverture plante assez bien le décor : Marie Saintonge hérite de son oncle une maisonnette perdue dans la montagne et s’y rend en plein hiver, sous la neige, sous la pluie, sous le gel. Voilà de quoi créer un huis clos efficace : Andrée A. Michaud n’a pas son pareil pour créer une atmosphère poisseuse avec tout ça, installer et faire monter la tension et l’angoisse, tant sur ses personnages que sur ses lecteurs.

Mais Andrée A. Michaud ne se contente pas de la simplicité. Ce premier niveau de décor ne lui suffit pas. Elle rajoute à tout cela un volet fantastique qui s’inscrit parfaitement dans son récit.

Ceci étant posé, il n’en reste pas moins que le récit d’Andrée A. Michaud, en cultivant ce filon du fantastique, rend son histoire un peu floue. Au risque de perdre un peu son lecteur… jusqu’à se demander si elle a totalement maîtrisé la forme de son roman. On pourra aisément trouver l’auteur trop ambitieuse.

Pour ma part, ce flou renforce le propos de l’auteur et est un aspect bienvenu de l’histoire.

Marie Saintonge dialogue avec les fantômes, les apparitions, sans que l’on sache si elles sont le fruit de son imagination ou une réalité pas si tangible que cela. Ces « êtres » éphémères peuplent et hantent sa solitude. En choisissant de faire porter la peur inspirée à ses personnages non pas par des objets mais par des apparitions dont il est légitime de douter de l’existence, Andrée A. Michaud en rajoute une couche dans l’installation de la tension dramatique de son récit.

La folie qui s’insinue petit à petit dans l’esprit de Marie Saintonge (et par ricochet dans celui du lecteur) et le développement fantastique du récit ne sont pas sans rappeler à mon bon souvenir les réminiscences de mes lectures d’ado des collections floquée « épouvante » de J’ai Lu ou « terreur » de Pocket. Car on les lisait avant tout pour l’atmosphère et les frissons.