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Titre : La face nord du cœur

Auteur : Dolores Redondo

Traduction : Anne Plantagenet

Editeur : Gallimard Série Noire

Cœur à cœur sanglant

Si vous n’avez pas lu « La trilogie du Baztan » (nom générique de la série regroupant « Le gardien invisible », « De chair et d’os » et « une offrande à la tempête ») de Dolores Redondo, 1/ ce n’est pas grave parce que vous pouvez lire « La face nord du cœur » sans les avoir lus vu que le présent récit se déroule avant les évènements de la trilogie MAIS 2/ c’est grave parce que vous ratez de vraiment très bons polars (allez voir pour vous en convaincre).

Maintenant que vous avez rattrapez votre retard ou que vous vous êtes engagés moralement à lire la trilogie après celui-ci, nous pouvons entrer dans le vif du sujet.

Un des protagonistes de la trilogie est un enquêteur du FBI que Amaia Salazar a connu lors d’un stage au sein de la prestigieuse agence américaine et qu’elle contacte quand elle semble être dans une impasse personnelle aussi bien que professionnelle, les deux allant souvent de paire chez elle. « La face nord du cœur » c’est le récit de leur rencontre et de l’affaire sur laquelle ils ont lié de puissants liens.

Si le livre lève quelques voiles sur le personnage de Dupree, cela ne gâchera en rien la lecture de la trilogie a posteriori et Dolores Redondo est assez fine auteur pour garder quelques mystères dans sa manche pour écrire d’autres récits autour de Dupree et d’Amaia.

Amaia va aux Etats-Unis pour apprendre mais se retrouve bien vite dans la peau de celle qui a aussi des choses à transmettre aux agents américains. Dupree décèle rapidement le potentiel d’Amaia et l’implique personnellement dans une enquête qui se déroule à la Nouvelle-Orléans en plein Katerina… Tout comme la vie personnelle d’Amaia, en l’occurrence son passé, fait partie prenante de sa vie professionnelle, ainsi en va-t-il des vies perso et pro de Dupree. Son arrivée à la Nouvelle-Orléans n’a rien d’un hasard.

Dolores Redondo utilise les mêmes ficelles que dans ses précédents romans. Et c’est tant mieux : c’est bien ce mélange de rationalité et de mystère, d’indices et d’intuitions, de faits tangibles et de phénomènes inexplicables, qui font le piment et le sel des romans de Dolores Redondo. La Nouvelle-Orléans offre avec le vaudou autant de pistes et de jeux possibles pour l’auteur que le folklore du pays basque espagnol. Les mêmes ingrédients pourraient faire aboutir sur des recettes au goût amer du prémâché. Il n’en est rien et le plaisir est intact.

Ajoutez à cela, celui de découvrir de nouveaux pans de la vie d’Amaia et d’en savoir un peu plus sur Dupree et vous avez un préquel très réussi à « la trilogie du Baztan ».