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Titre : L’empire s’effondre – Tome 1

Auteur : Sébastien Coville

Editeur : Anne Carrière

Vive l’empire !

La ville de Seth est construite autour de neuf collines mais surtout et aussi sur plusieurs strates correspondant aux niveaux sociaux de ses habitants. Sept castes se partagent le pouvoir : la Loi, le Commerce, la Guerre, le Savoir, le Service, la Foi et la Technique. Chaque pilier de la société est mené par des « princes », la noblesse de l’empire qui, pour certains n’ont de noble que le titre. Une lutte de pouvoir fait rage entre les castes. Certains prétendent lutter au nom de la religion, d’autres au nom des êtres humains. En réalité, tout tourne, comme d’habitude, autour de la lutte pour le pouvoir, quelques soient les bonnes (ou mauvaises) intentions affichées plus ou moins clairement.

Les parias, ceux qui vivent tout en bas de l’échelle sociale et au fond de la cité, subissent les décisions des princes. Malgré tout, dans cette société hiérarchisée et féodale, quelques membres de certaines castes ourdissent un changement de société. Certains princes ont pris la tangente pour mieux préparer les bouleversements à venir, d’autres œuvres de l’intérieur et le reste fomente sa mainmise sur le pouvoir.

La religion, à travers les dieux du Faëton, le livre saint de l’empire, est au départ quelque chose de pure. C’est ce qu’en font les hommes (par leurs manipulations, leurs mensonges) qui la pervertissent jusqu’au pourrissement. A l’inverse, ce n’est pas parce que l’expression de la foi est dévoyée à travers les agissements des hommes et leurs mensonges que les bases de celle-ci, ses fondements initiaux et les croyances associées le sont tout autant.

Aucun camp n’avance véritablement à visage découvert. Ils laissent voir, y compris à l’intérieur de leurs propres troupes, un visage bien différent de ce que leurs intentions, encore très floues et gardées volontairement secrètes par l’auteur, pourraient révéler.

Sébastien Coville mise, à bon escient, sur ce jeu de dupes pour mener sa barque. Si de premiers chamboulements se font voir au cours du récit, la fin réserve son twist pour mettre le lecteur en haleine de la suite. Et s’il est question de luttes de pouvoir, de bouleversements sociaux et sociétaux, à l’image d’un Terra Ignota d’Ada Palmer dont la construction est très proche de ce roman-ci, ils se font ici, en partie au moins, pour le peuple et par le peuple.

Qui plus est le système des castes cet empire ne sont pas sans rappeler les ruches de Terra Ignota. Pour autant, l’ambiance n’est pas la même. Avec une ville sur plusieurs niveaux, des autos et des trams vapeurs, on est dans une ambiance steampunk totalement assumée par l’auteur et parfaitement maîtrisée. Cet « environnement » dystopique autorise l’auteur à prendre toutes les libertés qu’il veut, à imaginer tous les engins ou instruments qui lui passent par l’esprit. Encore faut-il que l’ensemble conserve une certaine cohérence. C’est ce que parvient à faire Sébastien Coville dans ce qui n’est que le premier tome d’un récit qui se veut aussi social que rempli d’aventures.

Le lecteur trouve dans ce premier roman sa dose de réflexion, sa dose d’aventure, sa dose d’héroïsme, de courage, de trahison, de stratégie, d’exploits, de victoires et d’échecs… il remplit pleinement son rôle, va même parfois au-delà et ne fait que titiller l’intérêt du lecteur pour attendre, impatiemment il va sans dire, la suite : l’imaginaire de Sébastien Coville semble sans limite…