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Titre : Abécédaire d’enfer

Auteur : Stéphane Loisy et Thierry Séchan

Editeur : L’Archipel

Cheutron sauvage !

Des abécédaires sur Renaud, ça existe. Des dictionnaires aussi. Mais là, on a un abécédaire partisan, totalement assumé, et viscéralement « renaudien » dans le ton et dans les mots. Les entrées proposées par cet abécédaire sont évidemment argotiques et Mitterrand se trouve à la lettre T, comme tonton.

Cet abécédaire ressemble donc vraiment à la personnalité de Renaud. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, qu’on l’ait aimé puis détesté, qu’on déplore ou pas la personne qu’il est devenu, Renaud, en tout cas pour moi, reste une personnalité forte de mon adolescence. Je serai donc bien en peine de lui tourner le dos définitivement, quoi qu’il fasse. Je ne renierai jamais le chanteur que j’ai adoré et dont les textes ont forgé certaines de mes opinions.

Ainsi, tranchées, caricaturales, simplistes, fantaisistes, drôles, politiques, sociales, enfantines, pleines de nostalgie, d’amour, de haine, passionnées ou dépassionnées… les entrées de cet abécédaire illustrent bien Renaud dans toute sa complexité et dans tout ce qu’il peut générer comme attachement ou comme rejet.

Outre des articles qui nous replongent dans la personnalité et l’univers du chanteur, le livre propose quelques clichés intéressants, accompagnés d’images de billets, d’affiches… Les illustrations sont plus ou moins connues mais réservent quelques surprises et inédits.

Certes, le livre fait la part belle au Dr Jekyll et choisit de laisser de côté le Mr Hyde qui vit en Renaud. Mais j’avoue que cela m’a permis de me replonger dans ce que j’ai préféré chez Renaud, de me remémorer les bons moments passés en concert, les textes au vitriol qu’il savait parfaitement mettre en musique et rendre dans une fougue et une gouaille si particulière.

Avec un brin de nostalgie en soi, on ne peut que prendre un certain plaisir, si ce n’est un plaisir certain, à feuilleter articles et photos.