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Titre : Chroniques de la Lune noire – Tome 1 – De gueules

Auteur : Froideval & Debats

Editeur : Léha

Un roman qui a de la gueule !

Je vous parle d’un temps que le moins de 30 ans ne peuvent pas connaître. L’heroïc-fantasy, en ce temps-là, ne plaisait pas qu’à moi et fit mes nuits blanches…

Bref, découvrir que la série de BD de Froideval et Ledroit (puis Pontet et d’autres) devenait enfin un roman me replongeait dans la période bénie de mon enfance où seule la lecture de romans de SF ou de polars parvenait à concurrencer le temps passé à bouffer de l’heroïc-fantasy et des jeux de rôles… Découvrir ensuite que ce roman était une novellisation fidèle de la BD d’origine me plongeait dans un abîme d’impatience et de crainte. L’impatience de remonter pas mal d’années en arrière et de faire tourner à fond la roue de la nostalgie et la crainte de ne pas retrouver tout ce qui y était encore attaché.

Réjouissez-vous, adultes d’aujourd’hui qui avaient su garder une âme d’adolescent boutonneux et su conserver précieusement vos dés à 4, 8, 12 ou 20 faces ! Donnez hautbois et résonnez musettes, il n’est pas mort le temps insouciant de nos jeunes années et ces « Chroniques » nouvelle version sont un bain de jouvence.

Haazel Thorn, Gorghor Bey, Goum et Nasha, Pile-ou-Face, Bepher et Nepher, Hagendrof, Wismerhill et Feidreiva, les Chevaliers de la Lumière : ils sont venus, ils sont tous là… Pour le meilleur et pour le pire. Force est de constater qu’avec l’aide et l’aval de Froideval, Jeanne A. Debats restitue parfaitement l’ambiance de la bande dessinée : c’est potache, c’est musclé, c’est testostéroné, c’est sévèrement burné… mais c’est aussi et surtout plus subtil qu’il n’y paraît, rempli d’humour, de rage, de combats, de courage, de perfidie et de tendresse, r=de religiosité, de haine et d’amitié…

Pour les accros à la série de BD, disons simplement que ce premier tome, « De Gueules », reprend les tomes 1 à 3 de la BD. Dans cette adaptation, le moins qu’on puisse dire est que la plume de Jeanne A. Debats épouse le coup de crayon de Ledroit ou de Pontet qui ne seraient, ni l’un ni l’autre, rien sans le scénario de Froideval. On pourrait dire, pour filer la métaphore informatique que ce roman, par rapport à la BD, c’et du WYSIWYG : what you see (sous entendu dans la BD) is what you got (sous-entendu dans le livre).

Mais ne vous méprenez pas, si vous faites partie de ma génération sans avoir lu cette série (honte sur vous mais vous pouvez encore vous rattraper) ou si vous êtes du génération plus récente (il vous sera beaucoup pardonné mais ne tirez pas trop sur la corde non plus), vous pouvez aussi trouvez un plaisir réel à lire ce livre. Et c’est là peut-être le test ultime que ce roman pouvait passer. Car il ne suffit pas de relever le défi de l’adaptation réussie pour les connaisseurs, il faut aussi emporter les néophytes avec soi. Le roman de Jeanne A. Debats et de Froideval remporte ces deux paris risqués, haut la main.