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Titre : Pré-Mortem – Tome 1 – Mourir de vivre

Auteur : Patrick McSpare

Editeur : Léha

You’re not dead until you’re really dead

Imaginez un monde dans lequel des banshees seraient venues annoncer aux adultes la date de leur décès… Que feriez-vous vous de cette information ? Grâce à cette intervention surnaturelle, vous pourriez faire les choses bien, vous préparer, sereinement. L’être humain selon Patrick McSpare ne fonctionne pas comme ça : il fait tout foirer ! Prise de pouvoir aux States et mise en place d’une junte qui a créé les CAP (Centres d’Accueil pour Pré-mortem, i.e. ceux dont l’espérance de vie est si courte qu’ils n’ont plus rien à perdre ni à gagner et dont le comportement peu déraper), apparition d’une sorte de virus « Maniacs », transmis par morsure et provoquant des accès de violence, guerre civile mondiale… Le futur n’est pas très rose pour les humains façon McSpare.

L’action se déroule à travers deux groupes de personnages : l’un aux States et l’autre au Royaume-Uni. Le lien entre les deux est créé par Rob et Kristen, frères et sœurs, lui aux States et elle en Angleterre. Lui est un agent de la CIA, accompagné dans sa folle épopée par un medium, Neal, un alcoolique, Luka qui se débat avec ses démons intérieurs et soutenu par sa femme Bonnie, et leur fille diabétique, Priscilla. Elle est journaliste et se trouve embarqué dans une course poursuite avec les autorités en compagnie d’Anita, policière, de Johnny, un hippie activiste, et de Prowley « Dead Dance », chanteur d’un groupe sataniste et accessoirement un tueur qui a sa place dans un hôpital psychiatrique.

Tout ce petit monde tente de survivre et d’échapper aux autorités qui veulent les appréhender pour divers motifs parmi lesquels : trahison, violation du secret défense, fuite de pré-mortem… les motifs, qu’ils soient justifiés ou falsifiés, ne manquent pas.

La très grande variété des personnalités présentes dans les deux groupes offre une très grande liberté et de nombreuses possibilités scénaristiques à Patrick McSpare. Il ne se prive pas de les exploiter au mieux dans un récit à la fois très dynamique (très cinématographique pourrait-on même dire) et mené sur un train d’enfer. Il n’oublie pas de provoquer des rebondissements à la pelle, des intrigues et des trahisons, de tresser de forts liens entre quelques uns de se personnages, réunis pas quelque chose de plus que le simple hasard. Et se réserve un beau cliffhanger pour préparer le tome 2.

Je mentionnais le côté cinématographique du roman. Il y a clairement un aspect film d’action là-dedans mais pas que. On pourrait parfois flirter avec la série B, mais de la bonne série B. Tout ça pour dire qu’on ne s’ennuie pas un instant, que ce n’est pas non plus que de la baston à gogo ou des scènes d’action qui s’enchaînent et qu’il y a un vrai fond dans ce roman, une réflexion sur le fonctionnement du cerveau et de l’instinct humain et de l’interaction de cette « lutte » intérieure. Le moins que l’on puisse dire est que, pour Patrick McSpare, si l’être humain est ponctuellement et individuellement possible d’altruisme et de grandeur, en tant que groupe « mondial », il n’est bon qu’à faire foirer tout ce qu’il fait.