Texte – Footu

Ce matin, c’est clair, je m’étais levé du mauvais pied. Un comble pour un footballeur comme moi !

D’abord, mon chien. Lui, il n’avait pas perdu sa nuit au moins contrairement à moi. Il avait consciencieusement déféqué dans mes nouvelles chaussures de foot. J’étais bon pour remettre les anciennes pour le match de ce soir. Ce n’était pas comme si la semelle était à la limite de la rupture après tout… elle avait déjà rompu ! Au moins je pouvais récupérer les crampons. Mais c’est MON chien comme me le faisaient remarquer la mère de mes enfants et mes enfants à chaque fois que ce clebs faisait une connerie. Alors j’étais quand même sorti promener ce grand nigaud aussi dégingandé physiquement que psychologiquement. Je n’avais jamais cédé aux imprécations de ma famille pour l’emmener au choix chez le psy ou se faire piquer. J’aimais cette bête et il ne me le rendait pas.

Ensuite, ma femme. Elle, elle avait par contre perdu une occasion de s’affaler devant la télé hier soir, pour regarder une nième rediffusion du classique Barca-Real (ou alors était-ce le quatrième épisode de la nouvelle saison ?), au lieu de mettre mon t-shirt blanc avec ses robes rouges. Je savais que j’allais me faire lyncher par mes partenaires. Déjà que je n’avais jamais flambé sur le terrain alors si c’était pour arriver avec le maillot de nos adversaires du soir sur le dos, j’allais devoir raser les murs du vestiaire et ils étaient méchamment crépis. Au mieux, ils se fouteraient de ma gueule en me proposant de poser pour un calendrier, façon rugbyman qui ne s’assume pas en tenue rose.

Enfin, mes enfants. Eux, ils n’avaient pas perdu l’occasion de m’énerver dès le réveil. « Papa, tu m’avais promis de m’emmener à mon cours de danse », « Papa, tu m’avais promis de m’accompagner pour mon tournoi de basket », « Papa, tu nous avais promis de nous emmener au McDo et ensuite à la piscine ». Ne jamais promettre. J’aurai pourtant du l’écouter mon paternel. Il tenait ses informations directement de mon grand-père qui était un homme sage et qui avait tout compris aux enfants et surtout au sien. Par atavisme, j’aurai du me douter qu’une telle filiation ne pouvait que me ramener à mon « type primitif » comme nous l’avait enseigné notre professeur de biologie au collège. Bon, j’arrête de faire mon Zola.

Il fallait pourtant que je case une petite séance de sport dans tout ce programme. Déjà que j’avais lamentablement séché tous les entraînements depuis deux semaines pour des raisons aussi valables que la réunion de travail qui s’éternise, l’aîné qui a foiré son interro de math, la plus jeune qui a chopé une gastro et ma bien-aimée qui avait oublié de me prévenir qu’elle avait une soirée entre filles. Soirée au cours de laquelle ses amies s’étaient immanquablement apitoyées sur son sort, mariée à un footeux : « Mon Dieu mais c’est déchoir ma chère… ». Elles, elles n’avaient pas déchu, bien au contraire. Elles restaient chez elles, grassement rémunérées par leurs maris pour bons et loyaux services rendus à leurs couples et à la société pour avoir mis au monde suffisamment d’enfants pour assurer le renouvellement des générations.

Voilà pourquoi, ce matin, j’avais passé une heure sous la douche avec la radio étanche à fond à vider le ballon d’eau chaude pendant que les Stones et les Beatles se battaient dans mes oreilles pour tenter une bonne fois pour toute de trancher cette question existentielle : qui des deux était le meilleur groupe de rock. Au milieu de ce mélange sonore, ACDC, Springsteen et consorts s’arrogeaient le rôle d’arbitres faussement impartiaux. Finalement, l’eau froide eu raison de ce match et les équipes se quittèrent dos à dos : match nul, balle au centre et rendez-vous dans quinze jours pour le match retour.

La suite de la journée avait été une longue succession d’étapes ennuyeuses pour me mener jusqu’à l’heure fatidique du rendez-vous au stade. Je vous ai déjà dit que je suis footballeur ? Mais vous ai-je déjà dit que c’est mon ballon d’oxygène dans la vie, expression appropriée s’il en est ?

Ca m’est tombé dessus par surprise. Pour un natif du Béarn, j’étais a priori plutôt prédisposé à tâter du ballon ovale que du ballon rond. Chez moi, l’ovalie est une religion, les stades des églises et les supporters la foule incommensurable des fidèles. Et plus fidèle qu’un supporter de rugby, il n’y a pas, en tout cas par chez nous. Jamais il ne raterait la communion du dimanche aussi appelée accolade bourrue post-essai. Il connaît par cœur tous les cantiques, allant du célèbre « putain mais il a les pieds à la place des mains aujourd’hui » au plus traditionnel « tout le hameau (allez, allez…) va enflammer (…les béarnais), le Pic du Midi d’Osseau (oh !) bien présent sur le maillot (de Pau !) », hymne de la section paloise.

Ma vocation de footballeur avait donc légitimement chamboulé à peu près toute ma famille. Même le chat de mes parents n’avait plus eu goût à la vie après l’annonce que j’en avais faite au cours du sacro saint repas dominical chez tata Jeannine, entre la poire et le fromage, un peu avant le digestif pour que personne ne s’étouffe avec son verre d’izarra mais après la choucroute (parce que tata Jeannine avait fui l’Alsace et atterri dans le Béarn avec sa mère et sa sœur un peu avant les chars allemands) dans une tentative avortée d’en accélérer la digestion. Se souvenant alors de son passé de maquisard, mon grand-père m’avait littéralement fusillé du regard pendant que mon père quittait la table et que ma mère versait les quelques larmes qui lui restait. Malgré ses origines alsaciennes, elle avait épousé mon père, le rugby et les coutumes locales.

Plus tard, je m’étais souvent répété que j’aurai pu leur annoncer être homosexuel sans que cela les dérange le moins du monde pourvu que je sois rugbyman.

Je m’y étais pourtant essayé au rugby, plusieurs fois, au poste d’ailier. Et malgré ces expériences vaines, ou peut-être à cause d’elles, j’avais toujours considéré que c’était le rugby qui n’avait jamais voulu de moi. Il me l’avait fait comprendre de manière bien à lui : par un nez tordu, par des oreilles massacrées, par des fourchettes dans les yeux. Tenant plus à ma santé qu’à celle de mes parents, j’avais donc décidé d’abandonner purement et simplement ce sport pour me lancer à corps perdu dans les études.

Celles-ci m’ayant aussi plus ou moins rejeté mais, je dois l’avouer, pas aussi brutalement que le rugby, mon choix de carrière s’était naturellement tourné vers ce qui nécessitait le moins d’études abouties et pour lequel mon bagout pouvait encore me servir : le métier de commercial. J’avais essayé de vendre à peu près tout, sauf mon âme. On ne respectait pas le prospect, on ne respectait pas la marchandise, on ne respectait qu’une chose : soi. Et de se définir comme une chose était déjà symptomatique de notre propre lucidité sur nous-mêmes.

De façon malheureusement on ne peut plus sans originalité, j’avais rencontré ma femme sur les bancs de l’université. Elle fréquentait ceux de la fac de médecine, comme toutes ses copines, à la recherche du futur professeur Charcot ou à tout le moins à la recherche de leur futur mari ou portefeuille, c’était la même chose. De façon un peu plus extraordinaire, un concours de circonstance faisait que je la croisais tous les jours à la même heure à la cafétéria. Son cours d’anatomie finissait en même temps que mon cours de pipotage officiellement intitulé sur les plannings accroche publicitaire. J’avais tout naturellement tenté sur elle et sur ses amies une mise en pratique immédiate de ce que je venais d’apprendre. Elle a été la seule sur qui mes salamalecs avaient prise. Elle a donc été la seule de ses amies à ne pas épouser un médecin.

Dans ce milieu, épouser un généraliste était déjà borderline mais se marier avec un non médecin était tout bonnement scandaleux. C’est peut être ce que j’avais ressenti quand j’avais soi-disant trahi les miens, le rugby et ma patrie (la patrie se limitant alors aux limites du département) en choisissant le football plutôt que le rugby qui m’avait fait m’attacher à elle plus que de raison.

Elle n’avait rien pour plaire. Elle était gauche, peu souriante et par-dessus tout sans avenir du moins avec moi. Son seul attrait résidait dans son caractère, complètement effacé. J’avais pourtant un jour décidé de faire ma vie avec elle, d’avoir des enfants avec elle. Je ne m’étais par contre jamais projeté assez loin pour savoir si j’avais envie de vieillir avec elle. Mais nous n’en étions pas encore là.

Je ne savais d’ailleurs pas trop où nous en étions. Sur une échelle allant du mariage à l’enterrement, je ne nous situais pas trop par rapport au barreau divorce. L’avions-nous dépassé ? Allions-nous droit dans le mur ? De toute façon, quel que soit le chemin pris, celui-ci tournait forcément en rond pour partir d’une église, y revenir et ainsi boucler la boucle.

La boucle de cette journée par contre, je ne l’avais pas encore terminée.

Après avoir pesté contre mon chien, contre ma femme et contre mes enfants, après avoir satisfait tout le monde c’est-à-dire avoir promené Médor (sans avoir omis de lui lancer un « faites ce que vous avez à faire » bien senti et bien énervé en tirant sur la laisse histoire de me soulager), avoir rassuré ma tendre épouse qui n’avait pas utilisé la bonne lessive (« mais si ma chérie, je t’assure qu’il doit me rester encore un maillot mettable – plus ou moins blanc et plus ou moins odorant – quelque part ») et avoir baladé mes enfants à travers la ville, j’avais enfin un peu de temps à me consacrer.

Et quand j’ai du temps, je fais du sport. J’avais pris mes affaires de jogging, mis mes écouteurs et pris la poudre d’escampette loin de cette maison qui finissait par me sortir par les yeux. Dans mes oreilles, Charlie Watts et Ringo Starr rivalisaient encore d’adresse pour essayer de faire pencher la balance d’un côté plutôt que de l’autre alors que Keith Richards et George Harrison semblaient d’accord pour une fois pour ne pas envenimer encore plus leur soi-disant rivalité. Histoire de vraiment couper de tout, d’une pichenette j’étais passé à du Thiéfaine. Ce choix m’avait semblé opportun et assez dans le ton du reste de la journée : férocement atroce.

Mon parcours avait été le même que d’habitude. Je commençais par la seule allée qui permettait de sortir du lotissement. Elle était bordée d’arbres et ombragée l’été ce qui permettait de se chauffer pas trop brusquement. Aujourd’hui cela n’avait aucune importance, le temps était à l’orage et si ça ne tombait pas tout de suite, la pluie viendrait pendant le match ce soir. Ensuite, virage à gauche pour me diriger vers le complexe sportif à moins d’un kilomètre de la maison. Là encore, j’appréciais tout particulièrement la présence des arbres et le peu de circulation. Entre les effets conjugués de la bulle immobilière et de la crise financière, les maisons du lotissement se vidaient et trouvaient difficilement des repreneurs. Le coin était plutôt tranquille. En arrivant au complexe sportif, le terme de complexe signifiant dans ce cas précis compliqué compte tenu des couloirs interminables et tortueux à emprunter pour aboutir enfin sur le stade, je faisais mes 20 tours. Je pouvais en faire plus mais comme ce soir il y avait match, il fallait que j’en garde sous le pied. L’énorme avantage de ce complexe était bien évidemment sa proximité avec la maison : pas besoin d’emmener un sac rempli de vêtements de rechange qu’on avait oublié de laver depuis la dernière fois, de serviette blanche qui finissait par virer crème, de gel douche vide qu’on n’avait pas remplacé et de déodorant inefficace. Le trajet retour me laissait le temps suffisant pour me détendre et faire les étirements indispensables pour éviter toute crampe handicapante.

De retour à la maison, mon premier réflexe avait été de filer à l’étage prendre une douche. Je savais qu’elle serait beaucoup plus courte que celle du matin et que je ne mettrai pas la radio. Si c’était pour avoir droit à la belle entre les Stones et les Beatles, j’aurai craqué. Mais j’avais été arrêté en plein élan par ma famille, celle-ci incluant à cet instant précis mon chien dans une communion contre nature avec ma femme et mes enfants, se tenant debout en rang d’oignon face à la porte d’entrée de la maison. Ils ressemblaient à un jury, populaire, désigné pour clamer ma culpabilité pour une faute dont je n’avais pas encore connaissance. Mais j’avais par contre fortement conscience que quoi qu’il en soit, ce serait de ma faute. Le seul à me lancer un regard compassionnel restait mon chien.

Comme un seul « homme », mes quatre accusateurs avaient tourné la tête vers le salon. Joe était là, trônant au milieu du canapé, tâche noire sur notre sofa blanc. Joe était notre homme à tout faire les jours de match. Il était incapable de pratiquer quelque sport que ce soit et avait donc choisi de se dévouer corps et âmes à notre petite équipe en nous suivant, plus fidèle qu’un toutou mais aussi beaucoup plus serviable et sympathique, pour nous préparer les boissons rafraîchissantes, aller chercher un crampon de rechange pendant le match… Je réalisais alors que je n’avais prévenu personne pour le match de ce soir, un peu comme à chaque match d’ailleurs, et que la présence de Joe à la maison sonnait comme un aveu. Tout le monde s’était senti abandonné : mon chien parce que je ne l’avais pas prévenu que je n’irai pas lui faire faire ses besoins ce soir, ma femme parce que je ne serai pas là pour manger sa blanquette de veau et pour faire la conversation à sa mère et mes enfants parce que je ne pourrai pas aider le plus grand avec mes maigres connaissance en physiques qui se limitaient à évaluer la trajectoire du ballon selon l’angle et la force de l’impact du pied dans la balle et que je ne pourrai pas battre la mesure quand la petite dernière répèterait sa leçon de solfège.

Alors, les sentant aussi excédés que moi, j’avais choisi la fuite. J’avais pris mes affaires de foot sans passer par la case douche, mes clefs de voiture sur la console de l’entrée et au passage attrapé Joe qui n’avait pas pris la peine de bouger le moindre orteil de mon canapé.

De toute façon, j’allais être à la bourre.

Cela n’avait donc pas raté : accident en sortant du lotissement. L’aile droite de la voiture était éraflée et le pare-choc avant brinqueballait outrageusement mais elle pouvait quand même nous amener jusqu’au stade. Il fallait néanmoins d’abord en passer par le sempiternel constat mais je m’en foutais : c’est ma femme qui allait payer plus cher en assurance, elle était à son nom. Cette vengeance était mesquine et « je ne dis pas que c’est juste, je dis que ça soulage ». J’avais parlé tout haut devant Joe et je venais de lui resservir pour la cent cinquantième fois une de mes répliques préférées des Tontons Flingueurs. Le temps de reconnaître tous les tords dans cet accident, même ceux que je n’avais pas commis juste pour accélérer le mouvement, et de signer ce qui allait devenir le premier papier de mon divorce, j’étais remonté dans la voiture avec Joe et je filais au stade sans oublier de me faire flasher à soixante-dix en pleine ville.

Au stade, toute l’équipe était déjà arrivée. Ils étaient tous en maillot. Ils avaient tous l’air en forme et prêts à en découdre. J’étais le seul à faire tâche. Raison pour laquelle, en plus de mes piètres états de services footballistiques, j’étais sur le banc de touche ce soir au coup d’envoi.

Malgré mon absence du terrain qui comme tout terrain de banlieue qui se respecte ressemblait plus à une taupinière qu’à une pelouse anglaise, le match avait été loin d’être une sinécure. Coupe de District : nous étions opposés au leader de notre championnat en finale. Le fait d’avoir atteint ce stade de la compétition était déjà un miracle en soi, que nous ayons pu aligner notre meilleure équipe un second. Je ne doutais pas un seul instant que mes coéquipiers avaient pris ma présence sur la touche pour un troisième miracle ou pour un signe du destin… tout footballeur se raccroche aux superstitions dont il a les moyens. Les pratiques vaudou étant en dehors de nos capacités financières, on s’en remettait aux croyances les plus variées.

Nous avions encaissé deux buts « assassins » et « aux pires moments » comme disent les commentateurs : un peu contre le cours du jeu au bout de vingt minutes puis dans le money time de la première mi-temps à la quarante septième minutes. Comble du malheur, notre seul latéral droit à potentiel offensif devait sortir sur blessure et ne pas reprendre le match. J’ai bien senti que c’était à contre cœur que le coach s’était tourné vers moi pour me signifier d’aller m’échauffer pour prendre sa place.

Je ne me sentais par contre en rien responsable de notre remontée au score au cours de la second période. Seuls les talents de notre gardien et les tirs efficaces de nos deux jeunes attaquants nous avaient permis de recoller et d’entretenir l’espoir. Nous avions à ce sujet mangé notre pain blanc pendant cette saison. Ces trois lascars n’allaient pas tarder à nous quitter pour aller voguer vers les sommets de la CFA2 en rêvant pour la suite à des stades mythiques comme le Vélodrome ou le Parc des Princes.

Les prolongations n’avaient été qu’une lente descente aux enfers vers les crampes. La descente fut un peu plus rapide pour ceux qui avaient joué tout le match mais nous étions tous littéralement sur les rotules. Joe tentait de nous remettre d’aplomb en nous encourageant, le coach nous invectivait et nous insultait sans pitié et sans respect pour ce qu’il restait de nous. Mais il aurait fallut que Joe nous distille des boissons énergisantes directement en intraveineuse et que nous soyons encore en état de comprendre ce que nous disait le coach pour que cela puisse avoir un quelconque effet.

Nous avions malgré tout tenu le choc jusqu’à l’épreuve des tirs aux buts. Autant dire que les candidats pour tirer les pénaltys se faisaient rares. Rien d’étonnant à ce que nos deux attaquants survoltés se soient portés volontaires dès le coup de sifflet final de l’arbitre. Les trois autres tireurs durent être désignés d’office par le coach que les quelques minutes de pause avaient rendu à nouveau audible par nos oreilles.

Une fois de plus, nos deux équipes se quittaient dos à dos, deux tirs aux buts réussis de chaque côté.

J’étais dans la seconde vague de tireurs qui s’annonçait tout aussi efficace que la première. Le coach m’avait bien évidemment intercalé en troisième position afin de m’éviter, de façon bienveillante, tout risque de devoir tirer le pénalty décisif. Ma fébrilité, reconnue dans à peu près tous les domaines de la vie, n’avait jamais souffert d’aucune remise en cause par qui que ce soit.

C’était à moi de rejoindre la surface de réparation, de prendre le cuir (qui n’a plus ni la texture ni l’odeur d’en temps et n’a de cuir que dans cette expression désuète), de le placer au point de pénalty, de reculer pour prendre mon élan et frapper dans le ballon sans avoir jeté le moindre regard au gardien d’en face, victime expiatoire et innocente de toute la rage que j’avais accumulée durant cette journée. Il l’aurait prise en pleine tête que cela aurait pu me faire plaisir.

Mais si je résume, entre le programme du jour (totalement foiré), mon enfance (grandement bâclée), mon métier (passablement salopé), ma vie de famille (intégralement négligée) et ma passion (partiellement dévoyée), je me demandais déjà ce que je pouvais bien faire sur ce terrain de foot.

Et surtout : comment se faisait-il que je venais malgré tout cela de le marquer ce putain de penalty qui nous donnait la victoire ?

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