37 fois – Christopher J. Yates – Service de Presse

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Titre : 37 fois

Auteur : Christopher J. Yates

Traduction : Pierre Szczeciner

Éditeur : Cherche Midi

Poussif

Première relative déception de lecture de cette année (oui, je sais, je n’ai pas la réputation d’être un lecteur difficile, c’est vous dire). Relative parce que tout n’est pas à jeter, tout de même

L’histoire oscille entre 1982 et 2008. En 1982, Matthew, Hannah et Patrick sont réunis pour un drame qui les a concernés directement. Matthew a abusé de la complicité de Patrick pour torturer Hannah à coup de fusil à plomb, jusqu’à lui crever un œil et à la laisser pour morte. Elle sera finalement sauvée par Patrick, perclus de remords.

En 2008, Patrick et Hannah se sont retrouvés et se sont mariés, Matthew a disparu des radars mais refait surface alors que Patrick se retrouve au chômage, est suivi par un psy et couche sur la papier sa confession des événements de 1982. Hannah, journaliste sur les faits divers, fait de même pour solder son passé et pouvoir écrire des livres sur les criminels en série américains.

Mais on ne croit en fait à rien dans cette histoire. Que ce soit aux agissements des trois protagonistes adolescents en 1982 ou que ce soit aux adultes qu’ils sont devenus. Matthew, le reclus, le fuyard, est devenu un homme riche. Patrick a dupé Hannah d’une certaine manière et comme hobby se toque de cuisine : il invente des plats révolutionnaires qu’il met sur un blog en vue, un jour, de créer un restaurant.

Si on ne croit pas aux personnages, on a naturellement du mal à croire en l’histoire. Je ne suis pas forcément un adepte de la cohérence de l’histoire à tout va et je peux concevoir certaines libertés prises par les auteurs. Mais il y a tout de même des limites à ne pas franchir : l’auteur n’est pas cohérent entre le nombre de fois où Hannah se fait tirer dessus par Matthew. Si le titre et Hannah évoquent 37 tirs, Patrick en compte plus… Bref, pas mal de choses ont l’air artificielles. Trop à vrai dire.

Le livre se décompose en alternance de chapitres évoquant 2008 et d’autres les événements de 1982. Ces chapitres sont narrés d’abord par Patrick, ensuite par Hannah puis enfin par Matthew. Les deux parties allouées à Patrick et Hannah sont les moins biens écrites du lot : elles sont racontées par des adultes mais qui semblent s’exprimer comme les adolescents qu’ils furent en 1982. Seul Matthew bénéficie d’un style et d’une narration beaucoup mieux maîtrisés par l’auteur. Et il s’agit de la dernière partie. Est-ce une coïncidence ?

Malheureusement, cette fin plutôt emballante ne parvient pas à totalement sauver les deux premiers tiers du récit.