A mains nues – Amandine Dhée – Service de Presse

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Titre : A mains nues

Auteur : Amandine Dhée

Éditeur : La Contreallée

Mise à nu

Petit livre mais vastes sujets abordés dans ce roman… Amandine Dhée n’hésite pas à prendre, à bras le corps pour utiliser une expression à double sens, le concept de corps et de notre rapport à celui-ci à travers la sexualité. Les questions fondamentales qu’Amandine Dhée traite ici sont celles relatives à la manière dont on se construit par rapport à la sexualité et au corps et à ce qu’on en transmet aux autres générations.

Elle aborde ces thèmes par le biais de la notion de couple, de parentalité, des genres, de la filiation, de la transmission, le tout englobé dans des histoires de carcans et de normes avec cette inquiétude quant au regard des autres. Les autres, ce sont, en vrac, la société, les partenaires, les amis, la famille, soi-même aussi.

Parmi les regards scrutateurs et parfois accusateurs de la société, on retrouve aussi celui qu’elle porte sur la féminité et la maternité. Le rapport de la société avec ces questions semble encore aujourd’hui très sclérosé malgré les évolutions récentes en matière justement de procréation, au regard de l’évolution des cellules familiales de classiques à recomposées en passant par celles monoparentales.

Amandine Dhée ne se met jamais dans la position du juge, elle ne critique pas : elle décrit des situations, soulève des questions. A chacun d’y répondre en se prenant au jeu des comparaisons, des mimétismes ou des envies de ressemblance. Le lecteur en vient tout naturellement à se questionner lui-même par rapport à ces situations, ces caractères, ces habitudes.

L’amour est au centre des considérations d’Amandine Dhée. Celui-ci possède un triple visage et une double facette ou un double tranchant. Car l’amour a quelque chose de dangereux quand il passe d’un état « d’amour », qui implique une réciprocité et un équilibre des sentiments, à un état « d’adoration » ou « d’adulation », qui porte en lui le déséquilibre et la supériorité de l’un par rapport à l’autre.

Il possède plusieurs visages à travers l’Eros (le dieu primordial de l’Amour et de la puissance créatrice dans la mythologie grecque), la Philia (désignant l’état, le sentiment ou l’émotion de l’amitié ou de la camaraderie, impliquant l’idée d’appartenance à un groupe tel que la famille) et l’Agapé (l’amour « divin » et « inconditionnel », celui des principes ; l’agapé, souvent comparée à la charité chrétienne est, pour Platon, la troisième forme que prend l’amour après l’amour sexuel « éros » et l’amour de la famille « storgê »).

Peut-on ne trouver d’équilibre que dans la trinité amoureuse grecque ? Peut-on ne se définir que partiellement dans l’amour ? Faut-il nécessairement se genrer pour se définir ? Peut-on réellement faire abstraction du regard des autres, n’est-ce pas plutôt une chimère ? Au lecteur de se positionner par l’intermédiaire des histoires proposées par Amandine Dhée.